‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 706 sur 783 · SCÈNE VHL ADOLPHE, LÉON · texte numérisé non relu

SCÈNE VHL ADOLPHE, LÉON

ADOLPHE, riant. Ouf! la voilà partie! j'ai cru que je

ne pourrais jamais me tirer de mes petits mensonges! LÉON. C'est bien vous, mon cher Adolphe; vous qui étiez mon protecteur, et qui me défendiez toujours au lycée; dame, voilà au moins deux ans (|ue vous avez quitté Ir pension, et j'étais bien jinine; mais voyezvous, 1rs nmitiés du collège... c'est sacré.

Air du vamlt-ville de fa (hnmbn à coucher.

Qiiols i|iie soient les ranirs et l^s pradcs,

Nous <jl)lieor est la rominnuc loi;

Je romi'te sur me? r.iinini'lfS,

Comim- il» peuvent romptir sur moi.

Do nos s rments coîttfrv.T.f l;i mt''moire. Guiil.int relui qui cliaiirelie e» chemin. Toujours unis, marclious fous à la ploiro,

t)n nous donnant la main, (bis.)

ADOLPHE. Aussi, suis-j<> bicu heureux de te rencontrer, moi qui ne connais iri pir.^onue.

LEON. En effet, rr Iroublf, crl air d'embarras, pourquoi cacher votre nom 1 1 vuus faire notaire?

ADOLPHE. Tu le sauras, mon cher Léon, tu es bien jeune sans doute pour n^revuir une pareille confidence, mais tu as une raison, une prudence au-<Jessu5 de ton âge; j'ai besoin de ton sorours, et je suis persuadé que tu ne me le refuseras pas.

LÉON. A un ami, à un anci n camarade ! dieux ! que je suis content de pouvoir cire bon à quelque chose!

ADOLPHE. Tu ne peux pas trouver une plus bel!e occasion, car, Dieu merci! je ne sais plus où donner de la tète! Poursuivi de tous côtés, séparé de celle que j'aime...

LÉON. Comment, vous êtes aussi amoureux?

ADOLPHE. Chut! mon cher Léon, de la discrétion; oui, je voulais me marier malgré les ordres de mon oncle, digne et excellent marin qui ne veut penser à m'etablir que lorsque je serai contre-amiral; ma foi! je n'ai pas voulu attendre le brevet qui pnnvait rester longtemps eu roule, et je ais parti di; Paris pour venir demander le consenlemcnt des parents de celle que j'aime; juge de mon malheur : je m'arrête à trois lieues d'ici pour faire racconuuoder ma voiture; je soupe avec un brigadier de gend irmerie fort honnête, et comme je cause assez facilement, il sait bien vile mon nom et mon état!.. De Villiers , dit-il. — Oui, Monsieur. — Officier de marine? — Saiîs doute. — C'est bien cela, je vous arrête!

LÉON. Comment!

ADOLPHE. Oh! mon Dieu, en deux minutes une chaise de poste se trouve prête, on m'y fait monter, et j'arrive au château de Saint-Vincent, où j'ai passé deux mois et demi sans pouvoir obtenir la moindre explication de mes gardiens, ni une seule visite du commandant du département, à qui j'ai écrit plus de vingt lettres, et qui ma toujours répondu fort sèchemeul 1

LÉON. Et vous ne souproniieE pas le motif de cette singulièiT arreslntion?

ADOLPHE. Ah! si fait, il n'y a (pie mon oncle capable d'une pareille altention: il aura été inslruil de mon amour, de mes projets de marwge; et pour s'y opposer, il aura obtenu un ordre. Mais, ma fui, je n'y tenais plus... deux mois et demi séparé do wlle que j'aime, siuis savoir ce qu'elle était devenue...

Air du vaudeville de Voltaire chez Minon. Pour mieux dérouter mon ïardieii, Empluvanl un adroit maueje, J'ai fail le malade...

LEON

Fort bien.

Comme nous faisions au colK^irii.

LA PETITE SŒUR

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