SCÈNE XI
L.\Z.AR1LL0, sortant de l'apparlement i gauclio ; RITT.\, qui était ic.tee assise à travailler, se lève eltayée à sa vue ; COJUELO lo regauie avec tlTioi et lui faitsgne de n.' passe monlror ; N1T(L\RD0 est prés de la table à droite et écrit toujours ; L'AlGI'AZIL est au fond et ne volt rien.
QU.\TUOR.
LAZ.\R1LL0, s'a ançnit sur la pointe des p'cd». Du I endez-vûus a soitué l'heure !
(Regardant.)
Mais Ritta n'est pas seule, hélas!
lilTTA et COJUELO, lui faisant signe chacun de leur cM. Va-t'en!
MTIIARDO, ret.urnanlh lète au biuit.
Quel est cet homme? et dans cette demeure Qui l'amène?
COJUELO, troublé cl liemblant.
J'i.gnore!., et,,, ne... le counais pas!
NITHARDO. se Icant .t allant i Lazaiillo.
Réponds!.. Ici (jue viens-tu faire?
LAZARILLO. ihontraiit Cojuélo.
Demandez à Monsieui!.. il le siit mieux (|iie moi!..
COJUELO, toijuuistieiiibl.nt, et bas, i Nilliardo.
C'est faux!., il m'est... inconnu!
NITHARDO, à VOIX basse.
Je vous crois!
Et cela justement cache quelque mystère ! RITTA, bas, i Laîarjllo, lui montrant le corr g dur et son père qui causent
Tous deux paraissent ea colère; Je crains pour toi quelque danser!., va-t'en! L.^ZaRILLO, de'mâme.
Des dangers!.. En est-il avec mon tal.sman?
(Il prend la g»itaic, qui est restée sur la table, et joue une Xacarilla. Aiii preiniéres mesures, le corrégidor étcnné et Cojuëla etlavé, lèvent li tète ) COJUELO, avec eff.gi.
Grands dieux!
NITHARDO, bas, .i C.juëlo.
Entendtz-vous?.. leur mot de ralliement!
La Xacarilla de Grenade!
(Monlr.mt le papier que lui a remis Cojuêlo ) Que VOUS me signaliez!..
COJUELO à part, avec désespoir.
Malheureux! imiinident !..
LAZARILLO, bas, à Rilla, tout en continuant de jouer de la guitare
Vois-tu dé, à l'effet?., le voilà tout tremblant! Ton peie aussi !
XITHaRDO, bas, à Cojuèlo.
Je crains quelque embuscade !
Des siens il veut peut-être avertir la bi igade !
(A l'algu^z I qui est resté au fond,)
Va, cours au premier poste, et sur-le-champ reviens Pour conduire en prison le susdit camarade!
(L'alguaz.l sort.) LAZARILLO, vivement.
En prison!.. Et pourquoi?..
NITHARDO.
Votis le savez très-bien !
LAZARILLO
Je ne sais que répondre ; J'ai perdu mon pouvoir; D'honneur! c'est à confondre!
Et je n'ai plus d'espoir !
NITHARDO.
Il ne sait qtie répondre ; Il est en mon pouvoir; Je saurai le confondre !
Et remplir mon devoir!
RITTA
Il ne sait que répondre!
Il est en leur pouvoir ; Tout s 'il à le confo::dre !
Et pour tious plus d'eS(ioir!
COJLELO.
Il ne sait que répondre ; Ahl je n'ai plus d'espoir; Un mot peut me confondre !
Et l'uH va tout .savoir !
LAZARILLO
El moi, je veux savoir pour quel crime on m'arrête! On ne peut m'enlever eo plaisir ! .
NITHARDO,
Volontiers, Puisque vous l'ignopea. La justice est en quête
D'audacieux contrebandiers Qui font depuis un an iriniinenses bénéfices! Ils ont des atliifés, des amis prompts et siiirs. Et sans crainte, dit-on, se glissent dans nos murs. Au signal convenu donné \ydr leurs complices!.. C'est la Xacarilla de Grenade... cet air Que tout à l'heure ici vous fredonniez, mon cher !
LAZ.\RILL0, regardant Cojiiclo qui détourne les yeu\.
Je comprends!
NITHARDO.
C'est heureux ! L'on ignorait encore Ces détails, importants...
(.Muntianl Cojiiè o,)
C'est à lui tpi'on Us tloit!
Ce loyal citoyen!,.
LaZ iRII.LO. s'inclinanl avec sang.f,oiJ. Que j'eslim • et j'honore.
Mais d'une grave etfeur je me plain.s à bon droit; Je suis innocent !
LA XAGARILLA.
N'ITHARDO.
Vous?., cl commont?
LAZARILLO
Je m'explique.
Absent depuis un an, j'arrive du Mi\ique! Aujourd'hui Je débanjue!..
NITHARDO.
Et quelle preuve encor?
LAZARILLO, lui présentant un papier.
Ce permis délivré par le corrégidor.
NITHARDO, étonné.
Par moi !
(Lisant le même clianl et sur le même récit qu'à la première scène de l'acte.) « Nous attestons, pour ipi'il en fasse usage, « Que Jean Lazarillo, marin de rénuipage
« D,i vaisseau le San-Salvador, « Arrive du Mexique, et qu'il a dans ce port « Fidèlement subi sa quarantaine. »
(Regardant Lazarillo.) En effet... oui... tantôt... un souvenir eonf'iis... Ji; erois le reconnaître !,.
LAZARILLO
Ail! ce n'est pas sans i>eine!
NITHARDO.
M.iis ']!■ n'y comprends rien!
RITTA
Ni moi !
rOJUELO, i part.
Ni moi non plus?
ENSEMBLE
LAZARILLO
Il ne sait que répondre ; En moi renaît l'espoir; Et prêt à les confondre, Je reprends mon pouvoir!
NITHARDO.
D'honneur, c'est à confondre!
Je crojais tout savoir...
Et ne peux, rien répondre Ni rien apercevoir!
RlTTA.
Il ne sait que répondre ; Et malgré son savoir Tout semlile le confondre!
En moi renaît l'espoir ' COJUELO.
Que faire et que répondre.
Je suis en son pouvoir !
Un mot peut me confondre...
Car il doit tout savoir.
LAZARILLO, s'approchant de Cojuëlo, «l à demi-voix, pendant que le conégidor eiamiiie toujours le papier qu'il lient.
Je sais tout maintetiant!
COJUELO. tressaillant.
0 Ciel!
LAZARILLO
Et je me tais !..
Si vous voulez !
COJLF.LO, tremblant.
Que dois-je faire?
Que vous taut-il?
LAZARILLO
Devenir mon beau -père!
, C.OJIIELO. avec colère.
Jamais!., jamais!..
LAZARILLO
Vraiment?..
COJUELO.
Jamais!..
LAZARILLO, reprenant la guitare.
Alors..
ENSKMBl.E.
LAZARILLO, jouant de li guilare.
Joyeuse Xacarillr !
Chanson vive et gentille.
Protège mes amours !
J'imi»lore ton serours!
t.OILKl.O, ireinbl.xiit, et "i demi-»»»!.
Moi ! . lui iloiiner ma tille !..
Maudite Xacarille...
T'rntriidiMi-je toujours...
Je tremble pour mesjoursl
NITHARDO, levant !a tête.
Qu'est-ce donc?
LAZARILLO
De cet air qu'avec bonheur je chante, Seigneur, ne soyez pas surpris!
Je puis, l'aventure est piquante.
Vous dire comment je l'appris !
r.OJL'nLO, Tivemcnl, et i voix basse.
Monsieur... de grâce!..
LAZARILLO, de même.
Eh bien !.. serai-je votre gendre?
COJUELO, hésitant, et toujours à deml-Toix. Je le voudrais... Mais le corrégidor A ma parole ! . .
LAZARILLO
On peut la lui reprendre!..
COJLELO.
Jamais.
NITH.ARDO, toujours occupé près de U table à parcourir ?es papier-, lèfc la l>;lc avec iuipatienre.
Qu'est-ce donc?
COJUKLO, courant vivement â IuL Rien :
LAZARILLO, qui par ce inouveinenl, se trouve prés de Rilla, lui dit i doiiH-ïoix : )
C'est bien!.. U v;i se reiidii!
Répète comme moi c(:t air... cet air iiieor !
ENSEMBLE
LAZARILLO ET RITTA, à d ii.i-ioi».
Joyeuse Xacai ill ■ !
Chanson vive et gentille...
Protège' mes amours!
J'implore ton secours!
COJUELO, Ir.inblanl et iialelanl.
Maudite Xacarille!
De plus voici ma fille Partageant ses amours...
Et tremblant pour mes jours!
Je cède à vos amours !
NITHARDO. étonné, et lezard.int Cojuëlo.
A la voix de sa fille.
Quel trouble en ses yeux brille!
Dois-je donc en ce jour Craindre pour mon amour!