‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 8 sur 783 · SCÈNE ni · texte numérisé non relu

SCÈNE ni

CÉCILE, NEUBOROUG, MARGUERITE.

.MUiiiiEHiTE, donnaut le bras à son père . C'est-à-dire que le parc est magnifique... et puis c'est si grand, si (îtendu!

^El■noROUG. Beaucoup trop... pour les personnes qui s'y promènent à jeun.

CECILE. Quel est ce vieillard et cette jeune fille?

NELiîOROLG. Jo u'aî plus dc jambcs... et suis trop heui'cux de m'asseoir...

CÉCILE. Le docteur Neuhoroug... ici, à la cour!

.M.\RGCERnE, à Neuborowj qui va s'ii'^scoir. .Mon père, une grande dame qui vous reconnaît...

NEUHOROUG, se relevant. Tue grande dame!., eh! oui, lady .Sunderland, que j'ai vue bien jeune, Ciir j'étais autrefois médecin de sa famille... Mais nous autres anciens, il n'est |)lus question de nous.

CÉCILE. Si vraiment! et j'ai à ce sujet, docteur, des compliments à vous faire. J'ai lu w matin, dans le journal de la Cimr, que le faubourg de Southwark vous avait élu hier membre de la chambre îles communes.

NEuitORouG. C'est vrai! madame la comtesse.

CECILE. Et porté par l'opposition!., c'est un échec pour le ministère...

NEUROROUG. Je tic Ic ci'ois pas... on m'a jugé trop peu redoutable pour combattre une n.>miuation... qui du reste n'aura pas de suiti'S... car, j'y suis décidé, j'écrirai dès auiiiurd'luii pour remercier et refuser.

CECILE. Tant |)is! je vois votre parti bien malade, les mé-

L'AMBITIEUX

CÊCILB, arec humtvr. Eh bien donc!., que voulei-vous? — .\cle 2. scène ('«.

decins mêmes l'abandonnent, et je conçois alors ce qui vous amène à la cour.

^•EL'B0B0UG. Moi!., vous pourriez croire...

CÉCILE. Que vous sollicitez... comme tout le monde... il n'y a pas de mal... et si je puis vous être utile... lectrice de la reine... j'ai quelque crédit près d'elle...

NEUBOROUG. Je ne demande ricu. .. je lie veu\i-icn,Milaily. . . Je viens ici chez mon ami Robert NValpole, (pii a bien aussi quelque pouvoir; mais, ijràce au ciel, je viens en amateur...

CÉCILE. Chez le miu'stre?..

MARGUERITE, passout piès (relie. Oui, Madame; il nous a invités à venir passer la journée à Windsor, et son neveu est venu nous chercher ce matin!

CÉCILE, avec émotion. Son neveu, lord Henri...

MARGUERITE, vwemeiit. Vous le connaissez?..

CÉCILE, d'un air indifférent. Oui. . . je le vois tous les soirs. . . au cercle de la reine...

MARGUERITE. Et \\ à cu II bouté de venir nous prendre luimême, pour nous amener ici!., il est si attentif, si i.'-alant, si aimable...

NEUBOROUG, lui faisant signe. Mi (illt;!..

MARGUERITE. C'cst très-vrai, etMdady doit le savoir, puis-

qu'elle le connaît... Et puis, en arrivant, il m'a offert la main... et dans les deux premiers salons que nous avons traversés, qui étaient remplis de monde, des dames, des seigneurs de la cour, c'est à moi qu'il donnait le bras... ah! que j'étais heureuse! ils m'auront prise pour une grande dame, une comtesse... ils le disaient, n'est-ce pas?

>EUB0R0UG. Mieux que cela!., ils disaient ; Voilà une jolie fdle!

MARGUERITE, ovec jote. Vrai!., eh bien! je ne l'ai p^is entendu! je pensais à autre chose, surtout lorsque Milord nous a présentés à sa sœur, lady Juliana, qui est bonne et aimable comme lui... et qui voulait me garder près d'elle,.. Et puis enfui, lord Henri nous a conduits dans les jardins, en nous disant : Je vais prévenir mon oncle, attendez le ici; et depuis une heure nous nous promenons dans le parc où tout ce que je vois me seudjle superbe, admirable, nngnitique... 5lon Dieu! que c'est beau de venir à la cour! et que je suis heureuse d'y être!

CÉCILE. Peut-être, mou enfant, ne le diriez-vous pas longtem[)S... tuais pour aujourd'hui, je le conçois... surtout quand on a pour cavalier un jeune et brillant .seigneur ijue l'on voit pour la première fois.

L'AMBITIEUX

MARGiERiTE, vivemcnt. Mais non, Miulauit', lirs-suinLMit, et pciKlant trois mois tons les jours...

CKCiLE, (le mnne. Qm^ dites-vous?

MiLBOROUG, Varrctant. Ma fille!..

CÉCILE. Je vois en effet que vous connaissez intimement Roiiert Walpole et tous les siens... (i Nmhorowj.) Prenez-y f^arde, docteur, l'amitié de Waljjole a souvent porté mallieur; mais, en tous cas, je vous dois un avis charitable: si, quoi que vous en disiez, vous attendez de lui des places, de la fortune, des honneurs...

NELBOROLG. Moi !

CÉCILE. Hàtez-vous!.. car, c'est moi qui vous le dis, et vous pouvez me croire, il n'a pas longlem[)S à rester au ministère... Adieu, doctenr. {Elle sort.)

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