‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 147 sur 809 · SCÈNE VL CARLO, L.\ REINE · texte numérisé non relu

SCÈNE VL CARLO, L.\ REINE

LA REINE, à Carlo, qui veut aussi s'en aller, et lui faisant signe de rester. Un mot encore.

LA PART DU DIABLE

CAJiio. Pai-ilon, Madame, mais voici la nuit... et il faut que je me rende au numastèi-e Jcs Ilyéronimites... Je suis rorgauiste du couvent, et si je rendis trop tard... VAngclus ne pourrait pas être chaulé en musique-

LA REixE. Ton nom?

CABLO. Carlo Broschi!

LA BEIXE. Espa^'UGl?

CARLO. Non, Madame, Napolitain et quand nous

sommes venus cliercher fortune eu Espagne., j'étais, quoique bien jeune, le plus igé de la famille. . Ma pauvre mire est mort,', et je suis resté avec mes trois sœurs, que j'ai juré d'élever et d'établir.

LA BEiNE. Tu as fait là une belle action! CARLO. Du tout. Madame; j'ai fait mon devoir, elle devoir avant tout...

LA REINE. Eh bien! Carlo, tu es un honnête et loyal garçon, qui mérite de prospérer...

CARLO. Ma mère me l'a dit, et j'y compte. LA REINE. Et ta confiance en elle ne sera pas trompée... Écoutc-raoi... Tu as fait ce que depuis longtemps personne n'avait pir faire... Par tes chauts, tu as procuré quehpics instants do calme et de bonheur à une personne qui m'est plus chère que la vie .. Tu ne me quitteras plus; je t'emmène à Madrid.

CABLO. Oh! lion. Madame, ça n'est pas possible... LA BEiNE. Et pourquoi?

CARLO. Il faut que je vienne ici tous les jours chanter pour rien à Nolrc-Dame-des-Bois... Je l'ai promis. LA REINE. Pour quelle raison?

CABLO. Pour payer la pension de Casilda , à qui on a donné asile et protection; Casilda, ma sœur, qu'un grand seigneur de Madrid voulait enlever et sédufre ! LA EEiNE, vivemenl. Ce seigneur, quel est-il? CABLO. Je n'en sais rien... sans cela, j'aurais été demander justice...

LA REINE. Au roi?..

CARLO. Non... car ils disent tous qu'il est fou... ou i

peu près ; mais je me serais adressé à la reine, ((ui a

de la tète et du cœur... et elle m'aurait écouté... n'est-ce pas?

LAREiNE. Mieux que cela!., elle t'écoutc en ce moment .. CABLO. Comment! que voulez-vous dire?

LA REixE. Que la reine, c'est moi!

CARLO. Vous! Ah! pardon. Madame... pardon. LA BEiNE. Relève-toi, et silence avec tout le monde sur ce qui s'est jiassé entre nous .. Tu vas dire a. l'abbcssc que c'est moi qui me charge de la pension de ta sœur, et tu viendras après me rejoindre... là, au\ Armes de Castille... A notre retour de la chasse, je te dirai ce que j'attends... ce que je veux de toi...

CARLO, à genoux, et priant. 0 ma mère! LA REINE. M'entends-tu?

CARLO. Très-bien... Mais je n'en puis revenir encore! LA BEixE, lui tendant la main avec bonté. Va, mou enfant... va vite. (Carlo lui baise la main, la regarde encore, et entre vicement dans le couvent, à droite)

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