SCÈNE Vil
LA REINE le regarde sortir, au moment où paraissent G IL VARGAS, RAFAËL et (juelques Seigneirs.
GiL vABGAS, à Rafaël. La voilà!., c'est la reine... Profitez du liasardqui vous la fait rencontrer seule, {l'ous deux s'inclinent respectueusement.)
LA REINE. Que vouleî-vou.ï?
RAFAËL, timidement. Un instant d'audience particulière de Votre Majesté! (tn reine fait signe à Vargui de s'éloigner; celui-ci se retire par le fond du théâtre, et disparait dans la forêt ; puis elle dit à Rafaël, pendant
que les seigneurs se retirent de quelques pas en arriére:) Parle! ipii es-tu?
RAFAËL. Don Rafaël dEstuniga, gentilhomme qui voudrait entrer dans les armées du roi... mais il n'est pas assez riche pour se faire tuer au service de Votre Majesté!., il n'a pas de quoi acheter un grade!
LA REINE. Et tu en voudrais un?
RAFAËL. Pour aller me battre dans les Pays-Bas, comme enseigne d'abord...
LA BEINE. C'est bien!
RAFAËL lui présente un papier qu'il tient à la main Et Voire Majesté verra que je ne suis pas tout à fait indigne de se's bontés... Je suis recommandé par les personnes los plus respectables... le vénérable fray Antonio... grand inquisiteur...
LA BEINE, avec ironie. Vraiment!
RAFAËL. En voici la preuve.
LA REINE, de même. Je savais bien que le grand inquisiteur disposait à son gré de toutes les places; j'ignorais que sa révérence voulût aussi envahir nos armées.. .. S'il en est ainsi, don Rafaël dEstuniga, qu'il vous nomme luimême... Ceux qui sont protégés par mes ennemis ne sauraient l'être par moi... {Déchirant le papier qu'il lui a remis.) et nous ne pouvons rien pour vous. {On entend le son du cor : paraissent plusieurs seigneurs et piqueurs portant des jUimbcaux ; ils viennent chercher la reine, qui sort avec eux. La forêt devient tout à fait obscure, et pendant le récitatif suivant, on entend dans le lointain le bruit de lâchasse qui s'éloigne dans la forôl.)