VA
scoPETTO. Pourijuoi?.. je vais le l'cxiiliqucr.'.. Qi'iinJ je stjis venu te chcichei-, d'après la derniiTC volonté (le notre père...
ZERLINA. Un brave homme, n'est-ce pas?
SCOPETTO. Oui, un bravo!... Et quand je t'ai emmenée avec moi, par son ordre... qu'est-ce que je t'ai dit... toujours par son ordre?..
ZERLiNA. Qu'il fallait vous obéir aveuglément sans jamais rien vous demander!
SCOPETTO. Eh bien!
ZEBLiNA. C'est vrai! je n'y pensais plus!
SCOPETTO. Et si ce mystère n'a pour but que de te rendre heureuse?..
ZERLINA. Vous avez raison!., je n'ai pas besoin de comprendre.
SCOPETTO. A la bonne heure!., et puisque nous sommes sur ce chapitre, il se peut que je sois obligé de faire un voyage !
ZERLINA. Sans moi, frère?
SCOPETTO» Sans toi, sœur!.. Pour quelque temps seulement... Tu retourneras à Naples, chez ces braves commerçants qui t'avaient recueillie...
ZERLINA. Et que vous avez si généreusement récompensés...
SCOPETTO. Pas autant que je l'aurais voulu !.. Tu vas reprendre le coslume de ville ([ue tuiiorlais dans leurs riches magasins... et tu partiras tout aussitùtUBur les rejoindre.
ZERLINA. Déjà!
SCOPETTO. Eux seuls exceptés, tu ne diras à personne que tu as un frère Il le faut!
ZERLINA. Oui, frère... Mais quand reviendrez-vous?
SCOPETTO. Bientôt ! pour te raaiier !
ZERLINA, ^fOHMCC. Moi !
SCOPETTO. Oui, je reviendrai... avec une belle dot... tu en auras une, je te le jure... on j'y mourrai !
ZERLINA. Eh bien ! par exemiile!.. est-ce que je ne peux pas attendre?
SCOPETTO. Ah! tu n'es donc pas pressée"?
ZERLINA. Non!
SCOPETTO Je cpmprends... tu n'as pas fait de choix... lu n'as pas d'amoureux?
ZERLINA. J'en ai un !
SCOPETTO. Depuis quand ?
ZERLINA. Toujours!, depuis que je me connais... depuis que j'existe !
SCOPETTO Et tu ne m'en as jamais rien dit?
ZERLINA. Dame ! vous ne m'en avez jamais parlé!
SCOPETTO. Eh bien! alors, qu'il vienne, qu'il paraisse!
ZERLINA. Plût au cicll.. mais il ne peut pas. . il est absent... et voilà pourquoi cela m'arrange d'attendre... parce que pendant ce temps-là...
SCOPETTO. Il reviendra.
ZERLINA. Comme vous dites!
DUO
SCOPETTO.
C'est quelque ouvrier?
ZERLINA
Mieux qu'un ouvrier!
SCOPETTO.
Un jeune fermier?
ZERLINA
Bien mieux qu'un fermier!
SCOPETTO.
Je vois enfln qu'il sait te plaire!
Ah! VOUS voyez juste, mon frère!
SCOPETTO.
Aussi, je ne suis pas sévère...
Mais avant tout, dis-moi, ma chère,
Quel est son métier?
ZERLINA, désignant de la main l'épauiette
Un noble métier!
SCOPETTO, arec jo!C.
C'est un oliicier?
ZERLINA
Un bel officier!
ENSEMBLE
ZERLINA
Quoi trouble j'éprouve !
51i>Li bonheur est sûr.
Car mon frère apprûuvo Le choix du futur !
Ivresse précoce.
Que je sens déjà, Nous ferons la noce Quand il reviendra!
SCOPETTO.
t)iii, je te le frouvc.
Ton hymen est sûr, filoi, frère, j'approuve Le choix du futiu'!
D'un bonheur prrcoce Son cœur bat déjà.
Nous ferons la noce Quand il reviendra!
C'est donc un parti..'.
ZERLINA
Très-bien assorti!
^ SCOPETTO.
Tu n'as rien... et lui?
ZERLINA
Autant, Dieu merci!
SCOPETTO.
Quelle est sa mérq?
ZERLINA
Infortunée...
Dans ces montagnes elle est née !
El morte, helas! dans la misère...
SCOPETTO.
Mais peux-tu me d rg, ma cliore.
Quel nom est le sien ?
ZERLINA
Je le sais très-bien!
Maria Vergani !
SCOPETTO, vivement.
Maria Vergani !
Née aux .\bruzzcs!..
ZERLINA
Oui!
SCOPETTO, avec joie.
Très-bien!.. Ainsi, ma chère, Son fils existe?
Il veut devenir votre frère !
SCOPETTO.
Ah! pour nous quel heureux destin!
ZERLINA
Vous approuvez donc son dessein?
SCOPETTO, à part.
Le sang des Popoli qui sert notre vengeance ! (Kaitt.)
Je lui donne à la fois et richesse et naissance ! Et de plus, ta main!
ZERLINA, at'flc joie.
Ma main !
Ah! j'approuve fort ce dessein.
ENSEMBLE
ZERLINA
Quel trouble j'éprouve!
Mon bonheur est sûr, etc.
SCOPETTO.
Quel bonheur j'éprouve!
Notre plan est sûr, etc.
SCOPETTO, vivement.
Il faut que je le voie, il faut que je le trouve... Où donc est-il ?
LA SIRÈNE
Dcimis un .m et lilii^, Jo n'en sais rien! {Lui donnant une lettre, qu'elle tire de sa poche.) Ce billet vous le prouve; C'est le dernier que de lui je reçus!
Et son absence, auï regrets me condamne. scoPETio, parcourant le billet.
Que vois-je! ô ciel! . à bord de la tartane L'Etni!
ZERLINA
C'est son navire!
SCOPEITO.
Et signé SciPiON !
zeulina, gaiement.
Oui, vraiment, c'est son nom 1 SCOPETIO, à part.
C'est lui! c'est Scipion!
ZERLINA
Mon Dieu! quel air terrible!
Quoi! vous ckîngeriez de dessein?
SCOPEITO.
A présent, il est impossible I
ZEBLisA, acec douleur.
Quoi! changeriez-vous de dessein?
SCOPEITO, à part, avec désespoir.
Et, grâce à moi, son malheur est certain!
ZERLINA, p!curant.
Ah ! quelle tristesse M'accable et m'oppresse!
Malgré sa promesse.
Trompant nos amours, Un frère barbare, .
Injuste et bizarre, Tous deu\ nous sépare, Hélas! pour toujours! SC0P1.II0, à part.
Honneurs et richesse.
Bonheur et tendresse.
Auraient pu sans cesse Embellir leurs jours.
Et, destin bizarre.
C'est donc moi, barbare.
Moi qui les sépare.
Hélas! pour toujours!
ZERtlNA.
Eh! pourquoi cet hymen est-il donc impossible?
Pourquoi?
(0» entend sonner neuf heures à unt église éloignée.) SCOPEITO, à part.
Neuf heures! Il est mort!
(Haut, à Zerlina, avec émotion.) Il est un destin inflexible Qui tous deux vous sépare à jamais !
ZERLINA, avec impatience.
Mais cncor.
Qu'est-ce donc?
scopiiTO, à part, avec douleur.
C'est moi, c'est moi-même Qui lui ravis celui qu'elle aime.
Un tel beau-frère, un grand seigneur!
C'est moi qui cause son malheur 1
ENSEMBLE
SCOPEITO.
Honneurs et richesse.
Bonheur et tendresse, etc.
ZERLi.sA, pleurant.
Ah! quelle tristesse M'accable et m'oppresse ! i te.
{5cope(to sort par la porte à droile.)
ZERLINA, seM?c. Mais d'où vient son trouble, son désespoir?.. U parle d'obstacles in\iucibles!.. Est-ce qu'il y
en a, 4uand on aime?., (.liée effroi.) Ah! mon Dieu! Scipion, qui depuis plus d'un an ne m'a pas écrit... iûfidèle... mort, peut-être!.. Oh! non! non!