ALPHONSE, OLIVIER
ALPHONSE, à part. Décidément, je ne pourrais jamais ni'habitner au système des cousins, [.lu moment où Olivier va entrer dans l'appartement de Mathilde, .ilphunse accourt, et l'arrête en lui disant: ) Où allez-vous diinc, cousin?
OLIVIER. Mais je... (.4 part.) Il est vexé, tant mieux, je lui apprendrai à me jouer de ces tour.s-là ! [Haut.] J'espère, cousin, que vous êtes content de nous voir.
ALPHONSE, brusquement. Du tout.
OLIVIER. 11 a une franchise originale.
ALPHONSE. Qui vous a prié d'amener madame de Linsbourg?
OLIVIER. Le sentiment des convenances; ma cousine n'ayant plus de mère, la présence de sa tante était indispensable; c'est de droit, c'est l'usage.
ALPHONSE. Eh ! Monsieur, on se passera d'elle et de vous.
OLIVIER. Vous vous vantcz, et vous .serez peut-être bien aise de nous avoir. Vous ne vous étiez occupé ni du bal, ni du souper; mais moi qui pense à tout, j'ai pris sur moi...
ALPHONSE. De quoi faire?
OLIVIER. D'amener des convives et des violons; denx cents personnes qui vont arriver.
ALPHONSE. J'en suis fâché. Monsieur. Ils passeront la nuit à la belle étoile ; car ils n'entreront pas. Mais je ne vous empêche pas d'aller les rejoindre.
OLIVIER. Hein ! qu'est-ce que c'est ! (A part.) Le petit vieillard devientaussi irop brutal. {A Alphonse.) Savezvous, ciiusin, que cette phrase aurait l'air de me mettre à la porte?
ALPHONSE. Vraiment!
OLIVIER. Et que, quoique parent, je serais obligé de...
ALPHONSE, vivement. Userait possible !.. comme vous voudrez, Monsieur, je suis à vous.
OLIVIER. Qn'est-ce qu'il dit? je crois qu'il accepte.
ALPHONSE. Ici même, et sur-le-champ.
OLIVIER. Ah çà! qu'est-ce qu'il Un prend donc? il parait qu'il est encore vert.
Air de Turenne.
Je ne pourrais le souffrir de tout autre Mais votre titre ici retient mon bras... Demi famille, en ce moment la vôtre, L'iiouneur m'est cher... et dans le monde, hélas! De ce duel que ne dirait-on pas?
.Te suis galant, ma cousine est gentille, Et m ■. tuer, c'est vous donner à vous Un ridicule...
LE VIEUX MARI
ALPHONSE, avec ironie.
Eh! non, c'est, entre nous.
En ôter un à la famille.
OLIVIER. Monsieur, je pardonne tout , excepté une épigriimme... et je suis à vous.
ALPHONSE
Am de CendriUon.
Cela suffit... dans l'instant au jardin...
OLinER.
Que ce rendez-vous a de charmes!
ALPHONSE
Vous choisirez et l'endroit et les armis.
OLIVIER
C'est un gaillard que monsieur mon cousin ; Esl-il pressé!., malgré ses cheveux blams.
Vouloir, morbleu ! sans rien entendre, Se laire ainsi tuer a soixante ans :
Ne pouvait-il donc pas attendre?
ENSEMBLE
C'est convenu ; ce soir, dans ces jardins,
A ce rendez-vous plein de charmes.
Nous nous rendrons chacun avec nos armes, Nous nous battrons en amis, en cousins.
[Olivier sort par le fond.)