‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 273 sur 809 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

Les précédents; MATHILDE, sor/ant de sa chambre;

elle est en toilette du soir , robe blanche croisée,

sans garniture, coiffure Irés-simple en cheveux,

petit fichu de gaze.

{A l'entrée de Mathilde, M. de Bruchsal s'éloigne et

va s'asseoir sur un fauteuil, auprès de la porte du

cabinet à gauche.)

LE VIEUX MARI

MATiiiLDE, à pari, reijardmit M. de Bruchsal. Le vdici! ail! mon Diiu! je ii'aiivni jamais li' courage... ceiiendant, après ce ijiie Je viens d'appreiulre, il le faut bii n; car il n'y a ipie moi qui puisse oLtmiv la grâce d'Alphonse ; et puis, ce qui me rassure, c'est que mon mari est là.

M. VE l'Ri'ciisAL, à part, et un peu embarrasse'. Je ne sais trop comment débuter, ni comment ( nlivr en ménage; commençons par nie filclier, ça me servira de contenance. (Haut et s'approchant.) Hum! hum!

MATHiLDE, CI pari. Couime il a l'air méchant!

M. DE rRLXiiSM., la regardant de prés, et à part. Ah! diable! c'est qu'elle est fort jolie!

MICHEL, à part. Comme il la regarde!

M. PE mieciisAL, à AJkhel, qui est à sa gauche. N'estce pas, Michel, ipi'elle est fort bien?

MICHEL, de mauvaise humeur. Qu'est-ce que ça fait? il s'agit bien de cela; je vous dea:ande de quoi Monsieur va s'occuper dans un pareil moment?

M. DE uRiciisAL, à Uathilde. C'est moi que vous cherchiez, Madame?

MATHiLDE, tremblant. Oui, Monsieur.

MICHEL. V(]ilà le coup de grâce.

M. DE Dni-ciisAL, a part. Au moins, je ne puis pas me plaindre, ils m'ont choisi une petite femme charmante... (A Miclicl.) Va te coucher, mon ami.

MICHEL, bas. Monsieur, je n'ose pas; vous irez vous battre avec l'autre.

M. DE unecHSAL. Est-ce que j'y pense? (Hegardant J/aM/Zi/p.) et maintenant moinsquejamais, laisse-nous.

MICHEL, à part. Je ne peux pas m'y décider.

Am : La voilà, de frayeur (de Léonide).

ENSEMBLE

MATHILDE

Quel moment! i|iiil uffroil Sun regard m'imiuietc; Quelle frayeur secrétu ■Vient s'emparer de mol'?

a. DE DUUCHSAl.

Bonne nuit, laisse-moi...

(Regardant MalhihJc.}

Quelle prrAcc parfaite!..

Et quelle ardeur secrète M'agite malgré moi?

UJCUEL.

Boane nuit... quel ellroi iUe trouble, m'inquiète?

Quelle frayeur secrète!..

Je tremljle, non pour moi.

MICHEL

Faut-il cncor que je demeure?..

Monsieur n'a plus besoiu de moi?..

M. DE DRUCIISAL.

Non, demain... pas do trop bonne heure...

MICHEL, à part.

De chagrin j'en mourrai, je croi; Qui, moi, Sun lidele aculyte, S.ins fièmir je n'y puis songer.

C'est dans le moment du danger Qu'il faut, hélas! que je le ([nitto.

MATHILDE

Qael moment ! quel eîTi-oi ! etc.

M. DE SRECUSAL.

Bonne nuit, laisse-moi... etc.

MICHEL, nonne nuit... quel effroi, etc.

(Michel entre dans l'appartement à gauche.)

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