‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 283 sur 809 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Les précédents; ALFRED, entrant par la porte du fond.

MADAMRDUTiLLEUL. C'cst moiisieur Alfivd, noirejeuiic niaitre.

ALFRED, sans voir Tihôrikof, allant à madame Dutillnd et à Yelca. Boiijoui-, ma bonne Gorlriulo; lionjour, ma clière Yolva.

TcHÉRiKOF. Eh mais! si je ne me trompe, c'est M. Alfred do Césanne?

ALFRED, voyant Tchrrikof. Un étranger!

TCHÉRIKOF. Qui n'en est pas un pour vous. J'ai en l'honneur de vous voir deux ou trois fois rue d'Ailois, chez mon banquier.

ALFRED. Oui, vraiment, ce seigneur russe, si liclie et si aimable.

TCHÉRIKOF. 11 me reconnaît.

ALFRED. Et comment vous trouvez-vous ici, près du Luxembourg?

TCHÉRIKOF. 11 est vrdi quc c'est un peu loin, un peu froid, un ]icu désert. Relativement à votre capilale, ce serait presque la Sibérie, [Regardant Yelva.) si parfois on n'y trouvait des ro-es.

ALFRED, avec chalrur. EnRn qui vonsy amène? [Yelva cherche à le calmer.)

MADAME DUTiLLELL, allant prendre l'album. Cet album que nous avions oublié, et que Monsieur a eu la complaisance de nous rapporter

TCHÉRIKOF. Ce qui m'a donné l'occasion de faire connaissance avec une aimable compatriote.

ALFRED. En efl'et, Yelva a vu le jour aux mêmes lieux que vous, et je conçois qu'une pareille rencontre... Il est si difficile de la voir sans s'intéresser à elle! Daignez me pardonner des soupçonsdoiitje n'ai pas été le maître. Et vous, ma chère Yelva?.. (// va au fond du théâtre, avec Yelva et madame Dutdieul.)

TCHÉRIKOF, a fiait, pendant qu'Alfred, i'elva et madame Dutillrul ont l'air de causer ensemble. Maintenant, je comprends tout à fait, et c'est dommage, parce que^ malgré moi, je l.i regardais déjà cimime une compagne, comme une consolation que le ciel m'envoyait sur cette terre étrangère; n'y pensons plus.

MADAME DUTiLLEUL, à Alfred, QUI lui a montré, ainsi quà Yelva, ttne lettre de son père. Quoi! vraiment, votre père ne s'y oppose plus?

YELVA témoigne, par ses gestes, la surprise qu'elle éprouve ; mais elle ne peut le croire encore.

ALFRED, lui montrant une lettre. Vous le voyez.

MADAME DiTiLLEUL. Jamais je n'aurais osé l'esiiérer!

YELVA porte la lettre à ses lèvres, exprime son bonheur... Puis va à Tchérikof, lui tend la main, et semble lui demander l'amitié cpx'il lui a promise.

TCHÉRIKOF. Quoi! (|ue veut-elle dire?

ALFRED. Qu'il nous arrive un grand bonheur, et qu'à vous, son compatriote, elle voudrait vous eu faire part.

TCHÉRIKOF. Vraiment! Eh bien ! c'est très-bien à elle, parce que, certainement, je ne croyais plus être pour rien dans son bonheur; mais si, de mon côté, je i)eux jamais lui être utile, à elle ou à vous, monsieur le comte, vous verrez qu'en fait de noblesse et de générosité la France et la Ru.ssie peuvent se donner la main. ALFRED. Je n'en doute point. Monsieur; et, pour vous le prouver, j'accepte vos olfres. Yelva et moi nous avons un service à vous demander.

TCHÉRIKOF. Il serait possible!

YELVA lui fait signe qw oui... etiiu'ellc le supplie de le lui accorder.

ALFRED, à Yelva. Rentrez dans votre apparlenient, tout à l'heure nous irons vous y rejoindre. (/( baise la maind'' Yelva, quilepr te dene pas être longtemps; elle fait à Tchérikof «n sourire et un geste d'amitié, et rentra avec madame Dutilleul dans la chambre à gauche.)

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