‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 285 sur 809 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ALFRED, YELVA.

MUSIQUE

A peine Tchérikof est-il sorti, qu'Yelva enlr'ouvre la porte de la chambre à gauche, et court à Alfred avec joie ; elle lui montre la lettre de son père qu'elle tient encore, et lui dit par ses gestes : Il est donc vrai! voire père y consent.

Ai.FRF.D. Oui; ma chère Yelva, mon père consent rnfiii à le nommer sa fille, et rien ne s'oppose pins à mon bonheur.

VKLVA, par gestes. Je passerai ma vie auprès de toi, toujours ensemble... H'uis regardant autour d'elle avfC inquiétude, et monirant la lettre :) « Ton père, pourquin n'est-il pas ici? »

ALFRED, avec embarras. Mon père ne peut venir... Des affaires importantes le retiennent loin de Paris... et ce mariage doit avoir lieu aujourd'hui.

ïELVA, par gestes. Aujourd'hui?

ALFRED. Oui. ce matin même; et je vais tout dis- |)osfr.

YELVA, par gestes, monirant la place où était Tchérikof et le désignant. Un instant... et mon compatriol'% où est-il?

ALFRED. Ce jeune Russe? il va revenir; il consent à cire noire témoin.

YELVA, par gestes. Tant mieux.

ALFRED. H te plaît donc?

ÏELVA, de même. Oui.

ALFRED. Et tu l'aimes!

YELVA, par gestes. Mais nui.

ALFRED, avec un mouvement de jalousie. Pas comme moi?

YELVA, remarquant ce mnuveiwnt, se htitc de le rassurer.) Je l'aime parc? qu'il a l'air bon... mais non comme toi : car toi, je t'aimerai toute la vie. [L'orchestre joue l'air du duo d'Aline : Je t'aimerai toute la vie.)

ALFRED. Ah ! je n'eu veuv qu'un gage. !H veut l'embrasser.)

YELVA i; repousse doucement, en lui disant : .\on,

pas maintenant... mais plus tard Parlez, l'on vous

attend,

ALFRED. Oui, tu as raîson, je vais tout préparer.. .. .\dieu, Yelva, adieu, ma femme chérie. [Il lui baise la main.)

YELVA, par ge.^les. .Adieu, mon mari, [Alfred sort par le fond, en lui envoyant un baiser.)

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