‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 355 sur 809 · SCENE VU · texte numérisé non relu

SCENE VU

Les phécédents, hors LÉOCADIE.

FERNAXD, C'est i-dire que c'est à mon nouveau titre, et non à mon mérite personnel, que je devrai cette faveur. Sais-tu, Philippe , que ta sœur est très-singulière'^ Sous son costume villageois, elle a un air de dignité qui impose. Don Carlos ne lui parle jamais qu'avec respect ; et mui-méme je n'ose plaisanter avec elle... comme avec Sancliette, par exemple.

SANCHETTE, Je VOUS remercie de la préférence.

PHILIPPE. Que ïoiilez-vous? elle a été élevée par une tante qui lui a donné, peut-être à tort, l'éducation et les manières d'une grande dame; vous vousyhabituerez. Mais savez-vous que c'est une bonne action que vous avez faite là, mon capitaine'? vous charger dece pauvre petit diable!

FERNAND. 11 n'y a pas de mal, mon ami ; cela en réparc

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LIÎOCADIE.

d'autres qui ne sont pas aussi bjllcs : j'ai encore delà raarïe pour 6're au pair!

PHILIPPE. Vous, capilaine!

FEriNANP. Oui, oui; il ne faut pas croire, parce que vous me voyez po;é ctraisonnalile, que j'aie loujoursétc comme cda ; je ne parlj pasilus iielilos dislraclioiisqui arrivaient au régiment, parce que tu sais bien, Pliilippo, qu'entre militaires...

SMiCiiETTE, à Pliilippe. ComniLiit, Monsieur... FEn- AND. HeinI qu'est-ce que je fais donc là «levanl la future? m parlons pas de CL'Ia : ce n'est rien; mais qiiaud j'y pense, et que je m..- raïqielle les aventures de ma vie ! nous avons surtout qucliiucs vilains clKqiitres! Tiep.s,Plii- \ip\ti\ je le raconterai cela quelque jour, qujuid nous aurons une vinglaiue d'annéos de mariapre. JecourscliercliT mon jeune pai^e, je veux le faire liahiUir pour la cérémonie. Dites donc, j'aurais poiulanl lilen voulu savoir quelle est ta mère; j'ai interrogé la vieille Catherine, parce que je suis assez curieux de ces aventures-là; mais elle ne sait rien...

pn. LIPPE. On croit que c'est le fruit de quelque hymen secret.

FEBNAKD. Ou peut-éire... car enfin.., c'est possible...

SANCHETTE. Ail! iiiou D^eu, oui; car, d'après ce qu'on disait hier cbez mon oncle...

FEnXAND. Comment'? il y a des caquets... milme chez l'alcade!

SA.NCUETTE. Je crois bien, c'est là qu'on les fait.

FEP.îiAND. Ditesdes-moi vite, je veux tout savoir,

SANCnETTE.

PREMIER COUPLET

Voilà trois ans qu'en ce vdlago Nous arriva ce bel enfant ; Et chacun dans le voisinage Dit qu'd doit être d'un haut rang.

Par sa grâce et son doux sourire Tous les cœurs sont intéressés; Mais du reste on n'eu peut rien dire; Et voilà tout ce que je sais !

DEUXIÈME CQl'PLET.

Jamais, hélas ! jamais sa mère Près de lui n'a porté .ses pas; Sa nourrice est une étrangère Qui même ne le connaît jias; En secret quelquefois encore Des présents lui sont adressés ; Pour le reste, chacun l'ignore; Et voilà tout ce que je sais!

TROISIÈME COUPLET

Matin et soir, dans la prairie, Nous nous amusons de ses jeux; Mais c'est moi, c'est Léocadie Que toujours il aime le mieux.

Qu'il est joli! qu'il est aimable!

.Si mes vœux étaient exaucés.

Moi, j'en voudrais un tout scrnbliible ; {Philippe lui fait sir/ne de se (aire, et elle reprend l'air en baissant les yeux.] Et voilà tout ce que ja sais!

FERNASD, C'est déjà quelque chose, et cela redouble encore ma curiosité. Si vous pouviez, ma petite Sanchette, vous qui avez de l'esprit, découvrir le mot de l'énigme, ou seulement le nom de la mère, tenez, je vous donnerais cette belle chaîne d'or que vous regardiez hier avec tant de plaisir.

S.4NCHETTE. Vrai'?., oh!., oui, vous ne me la donneriez pas. . .

FERNAND. Tu te méfies de moi; {La lui jetant au cou.) tiens, la voilà d'avance, tant je suis siiripie tu la giigneras, liarcc (pie lu es si ailroite et si jolie... C'est que vraiment, Philippe, ta future est charmante; un air malin, un regard...{i/^Hiffc brusquement sa main qu'il avait prise.)

Eli bien! qu'est-ce que j'ai donc, moi?,, ces souvenirs de garnison... {Haut.) Adieu, mu pclite,

SCEiNE VIII,

PHILIPPE, SANXHETÏE.

SANCHETTE. Dieul la belle rhaine d'or! quojc suis heureuse! et que le seigneur Fernan I est aimable! Certa iiement, je ne plains pas la comlesse Amélie. {Rencontrant un regard de Philippe.) Eh bien! monsieur Pliili|qie, qu'avez-vous donc? et pourquoi me regarder ainsi'?

PHILIPPE. Qu'est-ce que c'est que ces coquetteries et ces compliments, et celte chaîne que vous avez acceptée!.. Avisei-vous de la gagner, et je ne vous revois de ma vie.

SANCHETTE. Gomment, c'est iiour cela !.. Jcvousdemande un peu si ce n'est pas terrible de n'avoir pas un moment de tniuquillilé!,. D'abord, monsieur Phili]qie, je vous eu prie, no me faites p.iç pleurer ; je serai j"lie, après cel i, pour la noce !.. Vilain caractère !.. est-ce que vous croyez que je m'en soucie de cette chaiiie? Et la preuve, c'est que je m'en vais sur-le-champ la rendre au s.igueur Fernainl.

PHILIPPE, la retenant. Non pas, rentrez; plus tard nous parlerons de cela.

SANCHETTE. Fi ! le jaloux !

PHILIPPE. Eh bien, Sanchette, je te demande pardou.

SANCHETTE. Vous lie m'en voulez plus? bien sur'?

pniL'PPE, lui baisant la main. Je te le iuoukIs.

SANCUETTE. Que cola vous arrive ciicoie! {lille entre à droite, chet Crespo.)

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