SCENE l.X
PHILIPPE, FERNAND, entrant par lagauche, c*CRESFO par la droite du spectateur.
FERNAND. Ah! seigiicur alcaUo, je VOUS trouve à propos.
PHILIPPE. Que vous est-il donc arrivé, mon capitaine'?
PEHNAXp, yaiemen!. I.'..ïeiituro laidiis pi(|uaiile' et si je m'en croyais, je serais d'une colère... mais un jour de noce on n'a pas le temps. J'arrive chez celte vieille Gillierine, qui, selon s.i promesse, devait me remetlremonjeuiie page : K Ah! Mons'eur, me dit-elle, il m'est défendu de vous le confier. — Et par qui'? poe.r quel motif? — Je l'ignore moi-même; je ne puis le dire. » 11 y a\aitlà-dessuns lin mystère qui me déjd. lisait. « Prenez garde, lui dis-jc; car, si par votre faute vous privez ce pauvre enfant de l'état et du sort heureux que je lui destine, c'est vous que l'on accusera. » .\lors celte brave femme, tremblante, incertaine... « Tenez, Monsieur, portez au seigneur airadj celte lettre que je viens de recevoir; ne la montrez qu'a lui, et demandez son avis. » Je l'ai prise, je l'apporle, et la voici, {À Crespo.) Voyez plulôl. (La lui liiant.) u Vous « garderez chez vous et ne remettrez à P-rsonnc le ilépot « qui vous est confié; bienlèit vous aurez de mes nouvelles. « Bridez Celle lettre comme toutes les autres. » (Donnant la lettre à Crespo.) Toujours le même mystère!
CRiLSV(^, tenant la lettre et la regardant. .Ah! mou Dieu, quelle écriture! celle de ce matin!
FERNAsn, vivement. Eh bien! est-ce que vous seriez au fat?
CRESPO. Non, non; je croyais d'abord... (.1 part ) C'est bien elle : ipiclle décniverle !
EEiNAND, C'est égal; si vous s.ivez quelque chose, nous devons partager la nouvelle, et vous devez tout me dire, parce que moi, je suis la discrétion même, c'est connu. ,Mi, mou Dieu! déjà midi! et ma future qui va arriva'! je cours à sa rencontre. ( 1 Crespo.) N'oubliez pas le prograniuic de la fêle; je vous ai nommé pour aujourd'hui mon intend iiit des menus plaisirs, et si on ne s'amuse pas, vous êtes r. siionsalde. Philippe, viens-tu avec moi'? je vais le présentera ma femme. {Il sort en courant.)
innnppE, prêt à le suivre. Oui, mon cnintaine.
LÉOCADIE
PHILIPPE, CUESPO.
CRESPo, retenant Philippe parle bras. Un moment!
PHILIPPE. Qu'iivez-vous duiic?
CRESPO. Piiilf 1j:is.
PHILIPPE, souriant. Eh mais, Grcspo, qu'est-ce que cela signifie? Comme vous voilà limul
CRESPO. Oui, car clans le foud je t'estime, je l'aime; mais, comme tu le disais toi-même ce malin, l'honneur de notre famille avant tout.
PHILIPPE. Que voulez-vous dire'?
CRESPO. Que tout est rompu.
PHILIPPE. Comment?
CRESPO. Plus de mariage.
PHILIPPE. Quoi! vous osez...
CRESPO. Parle bas, te dis-jc, tu as entendu le capilaine... Cette lettre de la mère de Paul... Tiens, conna stu cette écriture'?
PHILIPPE, /'ra/jpc. Dieux! LOocadie! m i sœur!
Fl.N.^L.
PHILIPPE
Qu'ai-je vu?
CIIESPO.
Du silence!
PHILIPPE
0 fureur!
CRESPO
Calme-toi.
PHILIPPE, ai^ec désordre.
Je ne puis... ma vengcmice Parlera malgré moi.
CREspu, le retenant dans ses brac.
Allons, est-ce là ton courage?
PHILIPPE
J'en ai pour souffrir le malheur; Mais pour dévorer uu ûutiaïe, Pour supporter le déshonneur.
Je n'en ai plus!..
CRESPO
Apaise ta fureur.
ENSEMBLE
PHILIPPE
Plus d'avenir, plus d'espérance !
Ce coup il détruit mon bonheur.
Eh! comment garder le silence.
Quand l'enfer déchire mon cœur!
CRESPO
A tous les yeux, avec prudence, Cache ton trouble et ta douleur; Et songe à garder le silence.
Pour sauver l'honneur de ta sœur.
PHILIPPE, ai'cc désespoir.
Ah 1 qu'elle craigne ma fureur !
CRESPO
Silence, ou vient.
PHILIPPE
Dieux ! c'est tout le village : Où cacher ma honte et ma rage'?
CRESPO, à demi-ioix.
Par égard pour toi, pour ta sœur, A me taire ici je m'engage.
Ce secret mourra dans mon cœur; Mais plus de mariage.
PHILIPPE
Non, non, plus de mariage.
Plus de repos, plus de bonlieur.