‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 370 sur 809 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

DON CARLOS, FERNAND, entrant pur le fond.

FER^■A^D. Je te trouve enfin; j'ai cru que je ne pourrais jamais te rejoindre, depuis un qiKirl d'heure que je suis à ta poursuite. Le difficile elait de se frayer un passage à travers la foule des danseurs ou des convives. Que de saints, que de compliments! Dieu! qu'on a d'amis quand on se marie! Et des lettres de félicitations! (En liranl un paquet de sa poche.) Tiens, rien que d'aujourd'hui. Je n'aurai jamais le temps de lire tout cela. Si tu voulais t'en charger'?

DON CARLOS, prenant les lettres. Volontiers.

FERXAND, le retenant. Oh! je te tiens, tu ne m'échapperas pas; et nous allons avoir une explication sérieuse. Oui, mon ami, je ne suis pas content de toi. Dans un jour de joie et de bonheur, d'où vient ci; front soucieux et cet air de mélancolie? enfin, tout à l'heure, quand j'ai chanté mes couplets, moi, je ne peux pas en juger, mais je m'en lapporte à ma femme, elle les trouve charmants ; tout le monde les a applaudi.s, exceplii toi. Cependant, si on ne se soutient pas entre parents... Qu'est-ce que c'est donc que cette conduite-là, beau-frcre?

DON CARLOS, d'un air rêveur. Je ne sais, ma sœur a voulu que sa noce fût célébrée dansées lieux...

FERNAND. Un séjour magnifique, que nous devons à ta

^éni!rositéI Mais, dis-moî donc pourquoi lu l'avais nb.indoni;é : nous y faisions aiilrefois des sou|pers déi:c;eux; et depuis trois ou quaire ans, je n'ai pas idée que tu nous y aies invités une seule fois.

DON CARLOS, avcc troubic. Fcniand I

FERNAND. Oui, vraiment, il y a qualrc ans; je me ra]ipelle tirs-bien ladernifrc fois que nous y sommes venus; à telles enseignes qu'un de nous était brouillé avec sa maitresse... Et parbleu, c'étiiit toi! Je vois encore Pédrille, ton valel, qui, au dessert, vient nous annoncer ipie, dans son désespoir, la signera Bianca était sortie de la ville, seule, à pied, pour aller, disait-elle, se jeter dans leTage. Quoique p. rsuadé qu'il n'en serait rien : A cheval, m'écriai-je, et courons sur ses traces; car, malgré la nuit qui était noire en diable, c'est moi qui de loin l'ai aperçue le premier.

DON CARLOS, très-ému. Fernand, tais-loi; tais-toi, au nom du ciel I

FERNAND, ètoniié. Ehniais! qu'as-tu donc!

DON CARLOS. Rieu ; n'en parlons plus, je t'en prie; rentre au salon, car je suis sftr ipie ma sœur est inquiète do Ion absence.

FERNAND. Vraiment? pauvre petite femme! C'est bien naturel! C'est comme moi : cruis-tu que depuis qu'elle est ma femme, je l'aime ilix fois plus qu'auparavant? Je n'y conçois rien, ça dérange tous les .systèmes reçus . aussi je vais la retrouver; car, malgré mon mariage, j'ai toujours peur (pie quelque événem-.Dt ne nous sépare! Mourir demain, çime serait égal ; mais aujourd'hui, vrai, ce serait déscsper.iut. Hein! (pie nous veut Sanchetle? et à qui en a-t-elle avec ses signes?

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