‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 424 sur 809 · MADEMOISELLE DESROCHES · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE DESROCHES

Air : Connaissez mieux le grand Eugène.

Mais mon âge est eiicor, mou frère,

LE COIFFl'UR ET LE PERRUQUIER.

Fûit r,'[i£oim:ilik', Dieu merci.

DEsnociits.

II. las! que n'ùlcs-vous, ma chtro, A;;ssi i'.iisoiinal)lu que lui I

MADEMOISELLE DUSnOCIlES.

Jj n'ai comiiti', jusq\i'.ci, jo m'en yanto, Que des printcmp?.

DE;I\f C lES.

li; l'ait est clair; Mais au total, quaial on eu a c.iuiu into. Ça peut déjà coniiiter pour uu liivcr.

Mais les l'uinans que vous lisez tous les jours, sans coiii|i'er criix que vous coaiiioîcz...

r.iADEMoiSELLE DESROciiKs. C'cst-à-dire, monsieur Desro"li( s, que parce que je suis votre pupille, vous vous ci'iiy. L le droit...

iKcsRoniiEs. Du tout ; je ne suis plus votre (uleur : di'puis longtemps vous êtes majeure, et maîtresse de vou.s-mèuîe. Mais j'ai du moins eouservé le droit de reuiiintiaurc ! et je puis vous demander pourquoi, clia pie jour, vous vous plaignez de resler fille, et pourquoi vous u'i'.cceplez pas le pai'ti que je vous propose, M. Duiaud, un avoué de |U'ovini-e. et pourlant un gareou d'esprit, un [laifait Immiète homme, \\ ijui j'ai donné parole, cl qui doit arriver celte semaine; pourquoi n'en voulez-vous pas?

«lAPEMOiSELLE DESitocMES. Pourquoi? parce que j'espère Irouver mieux'?

DESiiociiES. Ma's voilà tiente ans (|ue vous espérez ainsi ; et si je ne craignais de vous fàelier, je vous dirais : « Belle Pliilis, ou désespi're, alors... »

MADEMOISELLE DESliOLUES. Aussi , c'cst VOtrO faUlO :

pounpioi vous obstiner à rester au Marais? Croyezvous que les jiHines gens à la mode viendront vous y chercher? et le moyeu de trouver un uiari quand on demeure à la placeHoyale?

DESROCHES. D'.dsordj'uia sœur, Ninon y demeurait.

JiADEViOisELLE Di S!io,,iu;s. Aussi , esS-cllo restée (lllc.

DESROCUES. Ah ! vous appelc3z ci la resici' fille ! vous clés hien honnête ! .Mais ji'. re vois pa;, moi, )i i;rqnoi vou.seu voulez tant à noire .Marais. Ci; n'est pas parce qui' j'ai l'honneiu' d'y éliv |a'opriétaire, nlai^ trouvezmoi doue un pins hi au (luarlier! Un air pur, disrues siqiei'lies! une population [laisihle; tous parapluies il canne !

MADEMOISELLE DESKocHEs. A la bonuc hciire ; mais c'est province : le Marais n'est pas dans l^aris.

DESROCHES. D'accocd ; mais vous conviendrez qu'il en est bien près.

MADEMOISELLE DESROCHES. Eh hicu! pi'ouvez-le-moi en me menant ce soir au spectacle.

DESROCHES. Jc uo VOUS cmpèchc pas d'y aller avec Ju-tine, volie filleule ; mais moi je vais passer la soirée chez mon ami Dnmout. (// apiicllr.) Justine, as-tu averti ton onde, M. l'oudret, mou perruquier?

JUSTINE, en entrant . Oui, Monsieur; mais il était m bas, dans sa boutique, a parler politique avec le marchauil de vins; ça fait qu'il ne m'aura peut-être pas cnleudue.

DESROCHES. Retourucsy, et qu'il vienne me raser. Tous ces perruquiers sont si liavards, et cdui-là, surtout! niéuie (piuud il est seul, il ue pi'ut |!as se faire la barbe sans se coupei': et pourquoi? parce cpi 'il faut qu'il se parle il Ini-mome... Adieu, ma sœur; sans rancune ; bien du plaisir ce soir.

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