‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 425 sur 809 · SCÈNE n · texte numérisé non relu

SCÈNE n

MADEMOISELLE DESUOCHES, JUSTINE,

MADEMOISELLE DESUOCHES. Oul, liicu du plaisir; tu l'entends • voilà comme sont les fr.ivs.

irsiiNE. Ah l)ieu ! mon onele l'oudretesl cu'oi'e pire : cai- enfui ,M. De-roches, votre frère, veiil bien entruilre parler de mariage, et tout ce qu'il dit là-dessus me

.Sfinhle asîcz raisonnable. Pourquoi ne v mlez-vous paî d; M. Dura ni, qui m ; parait iiu m iri couiui^ un autre, et c'est dé, à beuic lup.

MADEMOISELLE DESROCHES. Ah ! Jusliue, tU UC pOU\ paî

me couqireuilre ! S'il était f,; pivuiier eu dale, ie ne dis pas : mais quand le cœur est déjà prévenu pir une iir,:liuatiou auterieuie !

JUSTINE. Quoi! Ma leuiuiselle, vous avez une' inclination?

MADEMOISELLE DESROCHES. D'autaut plus violente, qu'elle a élé spontanée dans le principe, et qu'elle e,t sans espoir dans ses couséquenc 'S ; car qui sait si jamais nous pourrons nous renconirer!

, JUSTINE. Est-ce qu'il n'est pas de ce ipiartier? j MADEMOISELLE DESUOCHES. C'cst cc (picje IIJ piiii (lire.

jrsTiNE. Es',-ce qu'il n'e^t pas de Paris?

MADiiMOiSELi.E DESROCMES. Je u'ou Sais rien.

jusTLNE. Mai-, au moins, vous le conndssez?

MADEMOISELLE DESROCllïïS Oui,CCrtei ; jC C lUUais SOU

cœur ; mais poursou nom et sm adresse, jc les ignore tôt dément. Un bel iu'onnu, un jeune hoinnie que j'ai ; vu 1 1 semaine d 'ruière h Meu lou, dans un; parlie de campagne : la mise la plus elégmie, la coillure la plus i soignée ; et une voiture, un jockey, tout c.) qu'il y a , de inieuv! Juge, après cela, si je peux [lenser à .M. Durand ! Si tu savais, Jastine, ce ipie c'est qu'un amour couli-arié, ou nue iirliuition sans résultat!

Jt'srL^'E. Allez, allez, je le s us aussi bien que vous, et depuis longtemps. Est-ce qu'auirel'ois mon oncle Pouilret u'avail pas i! ans sa boutique un jeune .qipivnti (pii était de mon âge; est-ce que. nous n'avions pas juré de nous aimer toujours?

MADEMOISELLE DESROCHES. Eli biCn ! pOUrqUOl U'étCS-

vous pas marié.s?

Jii.STiNE. C'est l'ambilion qui en est cause : mon oivle consentait à nous unir, à condition que son eleve lui succéderait et prendrait son fonds de lionliipie ; mais lui qui était jeune, qui avait de l'ardeur, qui ne demandait qu'à parvenir, n'a pas voulu èlre pen u piier ; il aspirait à être eoiirenr; et mon on le, qui tenait à lir poudre et aux aneiiunes idées, s'est brouillé avec lui, el ils ne se voient plus.

MiDEMOisELLEDEsnoiaiES.EIqu'estdeveuutonaniant?

JU-TiNE. Il est devenu un monsieur comme' il faut, un artiste à la iuolIc; il demeure rue Vivieim ' ; il a nu salon pour la coupe des cheveux, et une école de perfectionnement ; il s'appelle .M. Alcibia le.

MADEMOISELLE DESROCHES. Alcibiade! c'est un b.'au nom.

•lusTiNE. Et puis, il est si joli garçon, si aiin ible, et il a tant de tilent! An-si je trouve tout naturel qu'il aitde raudiition, el qu'il cherche à faire fortune. Vous sentez bien qu'il serait plus agréable pour imu d'être duis un beau s don, avec des miroirs et des meubles ou acajou. Mais j'ai peur que tontes ces splendeurs ne l'éblouissent, que Vliuile de Macassar ue lui porte à la tète, et qu'il ue Unisse pu' m'oublier.

MADEMOISELLE DESUOCHES. Alloiis, uo vas-tu pas cU'C jabnise ?

.irsnxE. Écoutez donc ; il coiffe le faubourg Sainl- Cii'rniain, la Chaus-ce-d'.\ntin, et mémo la Nouvelle- Athènes!

Air : Du partage de la richesse.

Plus d'une dame, et jolie et coqu 'Ile, Dont le peignoir emlïellit les attraits, Eu négligé, l'admet à sa to telle;

Je sali qu'il m'est fidèle . mais

Les occasions reiid't tout facile; On dit qu'aux di'veux il tant les preiul' sou lain... Jiigeî alors si .j' dois être tranquille. Lui qui les a tous les jours sous la main I

Aussi je prévois qu'un jour j'aurai hien des chagrins ! MaisenlinjCa m'i.'Stégal, je iii) ris pie ; et pourvu ipie je d;vijime u.i jour madame Aleibiule... .\h ! nuii Dieu ! c'est mon oncle !

LE CÛIFFEUIt LT LE PERRUQUIER.

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