‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 470 sur 809 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

GUSTAVE, POLESKA. Elle entre vivement, et s'arrête en voyant sortir la baronne, qui fait signe à Gustave.

POLESKA, à jxtrt. L'intendant ne m'a point trompée,

ils sont d'intelligence. Ah ! je me croyais bien iiialheLireuse, et leur vue me fait éprouver des tournienls que je ne connaissais pas.

GUSTAVE. Vous avcz voulu notre séparation.

POLESKA. Oui, sans doute, et je la veux encore.

GUSTAVE. Dans un instant vous serez satisfait.; ; vous allez partir, on va vous ramener auprès de votre père.

poi.ESKA. C'est tout ce que je désire.

GUSTAVE, d'tm ton de reproche. Poleska!

POLESKA. Laissez-moi, Monsieur, je ne suis plus votre femme.

GUSTAVE. Ainsi donc, près de me quitter pour j imais, je n'obtiens pas un regret, pas un seul mot.

POLESKA, lui faisant encore signe delà main. Adieu.

GUSTAVE. Quoi, rieu ne pourra fléchir un pareil caractère ! Ecoute, si tu me repousses encore, si tu ajoutes un seul mot, un seul gcôle de mépris, je jure ici que tu m'auras vu pour la dernière fois; et tu pleurer.is un jour sur cet hymen que tu as voulu rompre. (Poleska garde le silence ; Gustave, qui est prêt à s'èloiyuer, revient prés d'elle et se met à genoux.) Poleska, je te demande grâce pour toi-même.

LA LUNE DE .MIEL

poi.ESKA, S!^ relownant et le voyant à ses pieds, lui dit d'un ton de ivproclie. Vous vous trompez, je ne suis point la baronne.

GUSTAVE. Que dites-vous?

por.ESKA. Qu'il est (les ofTiMises que mon cœur ne peut pardonner : la ruse à laquelle vous aviez eu recours, le rang abject où vous m'aviez tait descendre, j'aurais tout oublié peut-être, mais tout à l'Iieure, ce nouvel outrage...

GUSTAVE. Il serait possible! la baronne...

pOLESKA.Oui, Monsieur, l'intendant vous a vu ici, il n'y a qu'un instant.

GUSTAVE. Grands dieux ! (Se reprenant.) Et si la reconnaissance m'avait si'ule conduit à ses pieds, si sa bonté voulait me préserver des dangers auxquels votre ressentiment m'expose?

POLESKA. Que vouli z-vous dire?

GUSTAVE. Qu'en m'aceu5ant, comme vous l'avez fait, vous avez attiré sur ma tète la juste sévérité des lois; que ce comte de Woroiiski que l'on attend sera peutêtre inexorable...

POLESKA. 0 cii 1! et c'est moi qui serais cause...

GUSTAVE. Non, rassurez-vous, la baronne m'a donné le moyen de m'éloigner, et tout est prêt pour ma fuite.

POLESKA. 11 s'éloigne, et je le souffrirais. {Avec abandon.) Nous partirons ensemble.

GUSTAVE. Que dis-tu? réfléchis donc, Poleska, que celui dont tu veux partager les destinées n'est plus le comte de Woronski, qu'il n'a plus de fortune, plus de rang à l'oflVi i-.

POLESKA. N'importe!

GusT.WE. Tu oublierais tes idées de grandeur et d'ambition ! tu ne penserais plus à cette opulence dont tu étais si fière!

POLESKA. Je ne dis pas, peut-être encore quelquefois, mais ce sera la nuit, dans mes rêves.

GUSTAVE. Oui, mais au réveil?

POLESKA Au réveil, je serai près de toi.

GUSTAVE

Ain : Dis-moi, mon vieux.

Qu'ciiteuds-je, ô ciel! et (levais-je ni'atlenJro

A laiil de ïéiiérosité?

Dans un moment, iieut-ètre, on va te rendre

Elles droits et ta liberté.

Tu peux former d autres nœuds que le nôtre.

PCILliSKA.

Si j'aime mieux te conserver ma foi?

Cl:STAVE.

Tu peux trouver le bonheur prés d'un autre.

POLESKA.

Si j'aime mieux le malheur avec loi 7

En tardant plus longtemps, tu exposes tes jours; viens, te dis-je, pailoiis.

ENSEMBLE

Am : Tout nous sourit («lu Maçon), Oai, de ces lieux Fuyons Ions deux.

Échappons à leurs yeux.

(Ils vont pour soriir)

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