‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 521 sur 809 · SCENE IV, JOSÉPHINE, AMANDA, ANGELINA, TÔINETTE · texte numérisé non relu

SCENE IV, JOSÉPHINE, AMANDA, ANGELINA, TÔINETTE

ANCELiNA. Je VOUS demande s'il est possible d'être plusciiuiplaisaut! Aussi, iMesdenioiselles, nous sommes bien heureuses de l'avoir rencoulré.

JOSÉPHINE. Tiens, Angelina, j'ai idée que tu dissimules, et que c'est un hasard t'ait exprés.

TOiNETTE. Et moi, j'en suis sûre.

JOSÉPHINE. Oui, oui, nous connaissnns ri^l i ! Qu'estce que cela te fait, dis-nous-le.

ANGELINA. Eh bien! M.esilemoisi.lles, s'il faut vous l'avouer, c'est un rendez-vous indirect que je lui avais donné.

JOSÉPHINE. Comment! est-ce que ce serait du sérieux ! Ah bien ! ma chèri?; prends-y garde.

AMANDA. Y penses-tu?

Air : Faut VoubJler.

Malgré son oir aimable et tendre, Il KSt perriilc et SL'diirli'ur.

JOSFPHINE.

Et volage comme un danseur.

ANGELINA

Dieux! que venez-vous de ni'apprendre!

AMANDA

Oui, par des conquêtes nouvelles, Son cœur est toujours ocoiipi?.

JOSEPHINE

Et sans façon, il a trompé Touks lus belles, Exceiité celles Qui, par vertu.

L'ont prévenu.

TOUTES, en chœur.

Toutes les billjs, etc.

JOSÉPHINE. Moi, d'abord, j'ai connu la petite Pulite, une de mes amies, qu'il a rendue très-malheureuse.

AMANDA. Sans compter qu'il n'a rien. Et toi qui, comme couturière, avais déjà fait des économies, toi qui, de[iuis, as fait une succpssion et acheté un magasin de liugère, tu sens bien que tu es un parti qui en vaut bien la peine.

JOSÉPHINE. Et puis enfin, ce petit Pastourel qui était si bon enfant.

ToiNF.iTE. Et qui est parti en Angleterre pour faire fortune.

Air du Jaloux malade.

Je prévois sa douleur mortelle.

ANGELINA

Je l'aime el le plains plus (pie vous,

JOSÉPHINE

Tu lui promis d'étro fidèle.

ANGELINA^

Est-ce (,ue ça dépend de nous?

JOSEPHINE

Ton cœur devait brûler sans cesse.

ANGILINA.

Hélas! j'ai tenu mon serment; J'ai toujours li même lcndi\-ssi'.

Mais je n'ai plus le même amant.

JOSÉPHiNB. Cependant, Augeliua, nous te le disons en amies, et dans ton intérêt, il faudrait lâcher de raisonner un peu les inclinations.

AMANDA. Moi, par exemple. Voilà M. Victor Di'sal- I lires, le fils d'un marchand de chevaux'...

JOSÉPHINE. Voilà M. Auguste Flotlé, niveu d'un marchand de bois, qui veulent nous épouser; ce sont des gens comme il faut ; des jeunes gens établis.

ANGELINA. Jc scns bien, mes bonnes amies, que tout ça est vrai ; je devrais suivre votre exemple et vos conseils; mais que voulez-vous? quand rinc'inatioii y est cl que la tète n'y est plus, il n'y a pas moyen de raisomii'r ; c'est plus fort que moi, je suis subjugiiéf.

JOSÉPHINE. C'est ça, la tète montée, voilà eoniuie on fait des bêtises qui vous compromettent ; si encore on ne le savait pas!

TOINETTE. .Mais c'cst que ça se répand toujours.

ANGELINA, jo/eura»if. Allez, ce n'est pas d'aujoiud'hni que je m'en fais des reproches ; et si vous saviez ce que j'ai soullert...

roi'TEs. Cette pauvre Angidina!

JOSÉPHINE. C'e.st pourtant pour des hommes que nous nous mettons dans des élals comme ça. Dieux ! faut-il qu'une femme .soit bêle !

ANGELINA, essuyant ses yeux: Par e.\em|)le, il m'a bien nromis qu'il était changé; et si jc découvrais maintenant la moindre infidélité, je vous promets bien i|ue sur-le-champ ça serait fini... taisez-vous, car le voici. •

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