‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 664 sur 809 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Les pbécédenis, TRUMBELL.

D'fLVAS, l'oyanf entrer Trumbell.Eh'. c'est notre lidéle serviteur!., notre ,imi , notre allié, le baron Trumbell de Berigoul !

TBUMBELL. Taiscz-vous douc!.. je ne suis plus noble!..

D'ELVAS, riant. Déjà?

TRUMBELL. Je suis presbytérien, puritain, tête-roudc, tout ce qu'on voudra ; pour vous sauver et moi aussi.

d'elvas Gomment cela?

TRi'MBELL.VumondéïOuement reconnu, ils m'ont nommé président du conseil qui se tient tous les jours...

d'elvas. El qu'avez-vous décidé?

trumbell. Rien encore... ils font tous des motions... c'est à ne s'y pas reconnaître... Ges gaillards-là, mes anciens compagnons, tous soldats de Gromwell , ont si mauvais ton, de si mauvaises manières!., pour moi surtout, (|ui su s r.iit maintenant à celles de la cour... ils ne parlent que lie pdier et de tuer!..

FRANCINE, effrayée. Ah! mon Dieu!

TRUMDELL. Comme autrefois... mais ils ont beau crier : « Mort aux tyrans! et vivent nous!., personne ne leur dit le contraire... personne ne répond... et ça leur fait peur... Aussi, en attendant qu'il leur arrive de Londres un parti à prendre, ils ont décidé que nous vous ferions subir un interrogatoire.

d'elvas Ça ne peut faire de mal !

TRUMBELL. Oui , mais , comme président du conseil, c'est moi qui dois vous interroger... et , je vous le demande, qu'est-ce que je vais vous demander?., et qu'est-ce ipie vous allez me répondre?..

d'elvas. Nous verrons, quand nous y serons, à faire de notre mieux.

TRUMBELL. Ou Va Venir vous chercher pour vous traîner devant le grand conseil, et je suis accouru vous prévenir.

d'elvas. Je te remercie.

TRUMBELL. Pour que vous ne disiez rien qui puisse me compromettre.

d'elvas. El que peux-tu craindre... toi qui as toujours été dans les puritains et les têtes-rondes?

TRUMBELL, tremblant. J'ai été dans les têtes-rondes, c'est vrai... mais je n'ai jamais été dans les têtes fortes... [A voix basse, lui montrant les soldats qui paraissent.) Les voici... prenez garde!.. [Haut, aux soldats ) Qu'on emmène ce Iraitre !.. [Bas, à d'Elvas.) Je vous demamle bien pardon!..

d'elvas, ria«f. Iln'yaiiasdequoi!..(.^u.rso/(irt<s.)Jesuis à vous .. {IlsorI parle fond, à gauche, avec les soldats.)

st:t:isE IV.

TRUMBELL, FRANCINE.

TRUMBELL, respectueusement. En attendant, et comme mes fonctions de magistrat n'empêrhent point celles de maille d'hùtel, je viens savoir si Votre Majesté veut dîner.

FRANCINE. Moi?

TRUMBELL. Ça occupe toujours quelques instants de la royauté, et je vais...

FRANCINE. Un moment.

TRUMBELL. Gomme Votre Majesté voudra; mais le pudding sera froid, et cela fait du tort à un cuisinier.

FRANCINE, ni'cc impatience. Eh! qu'importe!., (.ivec embarroi.) Dites-moi, depuis que je suis dans cette belle prison, Marcel, ce Français, a-t-il épousé voire nièce ?

TRUMBELL. Pas eucore!.. {Francine fait un geste de joie.) Les événements politiques ont suspendu ce mariagcj dont le prétendu ne veut plus entendre parler en ce moment.

FRANCINE. C'est bien!.. Et votre nièce?

TRUMBELL. Est décidée à se marier avec lui ou avec d'autres; car les partis ne manquent pas. Par ma position dans les deux opinions... il m'en arrive de toutes les couleurs.

FRANCINE. Et Simonne, pourrais-je au moins la voir?

TRUMBELL. Je le voudrais de grand cœur; mais ça n'est pas permis.

FRANCINE. Je ne peux donc voir personne?

TRUMBELL. SI vraiment!... Le conseil a décidé que les Jiremières dames de la ville feraient le service auprès de Votre Majesté : les comtesses d'Elhel et de Winchester, et lady Pekiiibrook.

FRANCINE. Dieu! que celle-là m'ennuie!

TRUMBELL. On a décidé aussi que jusqu à votre départ pour Londres...

FRANCINE, vivement. Nous partons donc?.. Et quel jour?

TRUMBELL. On l'ignore; mais jusque-là Votre Majesté ne sortira pas de cet appartement.

FRANCINE, à part. Mais c'est pire que la mort!., et au prix de ma l'orluiie je nîuoiice à la royauté.

TRUMBELL, à voix liautc, à la cantonade. Le dîner de Sa Majesté!

LA REINE D'UN JOUR

FRANCiNE. Eh! non; ce n'est pas cela dont il s'agit! Trumbell, vous Aies un dévoué et fidèle serviteur.

iHiiMBELL. Tout le monde vous le dira.

FBANCiNE. Eh bien!., allez déclarer au conseil la vérité tout entière.

muMBELL. Parlez! Quelle est-elle?

FBANCiNE. Je vous jure, je vous atteste que je ne suis pas la roine.

TRUMBELL, sccouont la tête. Mauvais moyen, iVladame... que je n'oserais même conseiller à Votre Majesté.

FBANCINE. Quand je vous répète...

TRUMBELL. Je le dirai si vous le voulez; mais ça ne réussira pas... Le comte d'Elvas a tout avoué; la ville entière vous a reconnue... D'ailleurs, tout vous trahit : ces iiiis de noblesse et de grandeur... (roi/nn( les portes s'ouvrir.) Voici le dîner de Sa Majesté.

Page 1