‹ Œuvres complètes de E. ScribeChapitre 719 sur 809 · LORD ELFORT, JULIANO, HORACE · texte numérisé non relu

LORD ELFORT, JULIANO, HORACE

{Lord Elfort, prenant Juliano à part pendant qu'Horace remonte le théâtre, regarde dans le salon à gauche et disparait.)

LORD ELFORT, à JuUano. Mou ami, mon ami... car vous étiez mon seul ami... je étais tremblaut de colère... mon femme était ici!

JïLiANo, vivement. Pas possible... sans nous en prévenir... dans quel dessein?

LORD ELFORT. Permettez...

JULIANO. Elle qui se disait malade... et qui avait voulu rester chez elle .. Savez-vous que ce serait indigne !

LORD ELFORT. Modércz-vous ! car vous voilà aussi en colère que moi... et c'était là ce que j'aimais dans un ami véritable.

JULIANO, se modérartt. Certainement... Eh bien donc!., achevez...

LORD ELFORT. Je l'avais trouvée ici, causant en tête-àlélc avec le seigneur Horace de Massarena.

JULIANO. Horace... vous vous êtes abusé.

LOnu ELFORT. C'est ce que je me disais... en prenant son bras qui était toute tremblante.

JULIANO. Ce n'était pas une raison ..

LORD ELFORT. Attendez donc! Je parlai à elle... qui répondait jamais... pas un mot!., mou conversation le gênait... l'ennuyait...

JULIANO. Ce n'était pas encore là une raison...

LORD ELFORT. Attendez donc... Vous Connaissez le taille élégante et le tournure deMilady... vous la connaissez comme moi...

JULIANO. Certainement...

LORD ELFORT. Eh bien! mon ami... ce était de même... tout à fait...

JULIANO, s'animant. En vérité!

i.OBD ELFORT, rfc même. Et je avais encore des preuves

bi-.n plus... bien plus... effrayantes... Vous savez que Milaily, ma f.unme .. était du sang espagnol .. du sang des d'Olivji'ès .. et comme toutes le.s dîmes do Madrid... elle portail souvent des mouchoirs où éUiient brodées les armes de sa famille...

JULIANO. Eh bien?..

LORD ELFORT, arec colère. Eh bien!., l'inconmic .. lo masipio... lo domino... il avait brodé sur le coin du mouchoir à elle... les armes d'Olivarés.

JULIANO. 0 ciel!..

LORD ELFORT. Jc avais VU. . . VU de mes yeux .. ([ue j'étais... que j'étais furieux... je méditais d'arracher le mouchoir... la mascarade...

jui.iANO. Quelle folie! quel éclat!

LORD ELFORT. Vcs .. cc était uuc bêlise.... et je avais pas fait.

JULIANO. C'est bien.

LORD ELFORT. Je avais pas pu!., elle avait tout à coup quitté mon bras... s'était glissée dans la foule et au milieu de deux cents dominos noirs... comme lésion... impossible de courir apjcs... Mais ce était elle.

JULIANO. J'en ai peur.

LORD ELFORT. C'était bien elle qui se était dit malade.

JULIANO. Et pourquoi? je me le demande encore !

LORD ELFORT, avec choleur. Pourquoi?., pourquoi?.. Mais vous ne voyez donc rien... vous ?.. ce était pour retrouver ici cette petite Horace de Massarena.

JULIANO. Malédiction!., et moi qui ai servi , protégé ses amours... nous étions deux... {A part.) deux maris.

LORD ELFORT. Quand je disais qu'il porterait malheur à moi... mais bientôt, j'espère...

JULIANO. Allons , Milord... allons, calmons-nous. Dans ces cas-là, il faut se modérer, et surtout se taire.

LOKD ELFORT. Ce VOUS était bien facile à dire...

JULIANO. Du tout... cela me fait certainement autant de peine qu'à vous... mais il faut voir... il faut être bien sûr...

LORD ELFORT. Ce était mon idée... et je priai vous, mon cher ami... de prêter à moi sur-le-champ votre voiture...

JULIANO. Pourquoi cela?

LORD ELFORT. Je avais demandé la mienne dans trois heures seulement, et je voulais à l'instant même retourner chez moi , à mon hôtel... pour bien me assurer que Milady n'y était pas.

JULUNO, à part. 0 ciel ! comment la sauver?

LORD ELFORT, furieux. Alors... je attendrai son retour. . alors je attendrai elle ce soir... et demain, ce petit Horace que je détestai... que je... Adieu... je pars tout du suite.

JULIANO. Je ne vous quitterai pas... je vous accompagne... ,10 descends avec vous... Demandez nos manteaux... moi,jefasappelermoncocher.(yoi/anf rentrer Horace.) Il était temps... c'est Horace I

SCEiNE XL HORACE, JDLIANO.

JULIANO. Arrive donc, malheureux... Quand je dis malheureux... ce n'est pas toi qui l'es le plus... mais je ne te ferai pas de reproches... tu n'en savais rien... ce n'est pas ta faute !..

HORACE. A qui en as-tu? et que veux-tu dire ?..

JULIANO, Que la fée invisible... la beauté mystérieuse qui fintrigno depuis un an... n'est autre que lady Elfort.

HORACE, avec désespoir. Non, non... cela n'est pas.., cela ne peut pas être.

JULIANO. No vas-tu pas te plaindre... et être fâché?.. Cela te va bien. .. moi qui suis trahi par vous et qui viens vous sauver...

HORACE. Gomment cela?

JULIANO. Son mari... est furieux et compte la surpren-dre... Il n'en sera rien... cherche Milady .. recouduis-la

LE DOMINO NOIR

clicz elle sur-le-cliamp .. moi, pendant ce temps, J'emmène Milord dans ma voiture... mon cocher à qui je vais donner des ordres... nous Ogarera... nous perdra... nous versera, s'il le faut... c'est peut-être un bras cassé qui me revient... pour toi... pour une infidèle... on ne compte pas avec ses amis... Mais plus lard , sois tranquille... je prendrai ma revanrlie... Adieu... je vais prendre le mari. {H tort par la porte du fond.)

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