LA MÈRE DES CÉSARS
« Ma sœur, ma jeune sœur, je règne, et tu t'amuses
A mêler des fleurs, des accords.
As-tu bien, nymphe grecque, oisive enfant des muses.
L'âme de Rome en ton beau corps?
La Sibylle a prédit — malheur à tout rebelle I —
Que l'univers serait à nous.
Il est à moi, regarde un peu : n'est-on pas belle
Avec cent rois à ses genoux ?
Vois-tu mes légions, mes cirques, mes navires,
Mes festins, rivaux du nectar?
Jette tes chants, tes fleurs, tes rêves aux zéphires.
Et sois déesse de mon char. »