‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 2)Chapitre 110 sur 168 · LA FILLE DE L'ORFÈVRE · texte numérisé non relu

LA FILLE DE L'ORFÈVRE

( Pofsie allemande. — uhland)

Un bon et brave orfèvre, en attendant pratique, De perles entouré comme une idole antique.

Disait, heureux et triomphant :

« Le plus riche joyau qui soit dans ma boutique, C'est encor toi, Nella; c'est toi, ma chère enfant! »

Entre un beau chevalier, moustache sur la lèvre : « Jouvencelle, salut 1 Salut, mon brave orfèvre I

Fais-moi, plus merveilleux trésor Que tout ce qui sortit de ta main exercée;

Une belle couronne d'or I...

C'est pour ma douce fiancée. »

Et, lorsque du fourneau fut tirée avec soin Cette œuvre d'opulence et de délicatesse, Nella fut prise au cœur d'une grande tristesse ; Elle se retira, pensive, dans un coin, Et, seule, contemplant la couronne de loin :

a Ah I quelle damoiselle heureuse en toutes choses, Qui de cette couronne aura son voile orné !

Si le beau chevalier m'eût seulement donné

Rien qu'une couronne de roses.

J'aurais plus de bonheur qu'aucun front couronné! »

A quelque temps de là, vers l'époque fixée.

Le chevalier revint. Il admira comment Rayonnait la couronne au soleil nuancée ; Puis : « Fais-moi, brave orfèvre, un jonc de diamant, Plus clair que la plus claire étoile au firmament!... C'est pour ma douce fiancée. »

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