LA FILLE DE L'ORFÈVRE
( Pofsie allemande. — uhland)
Un bon et brave orfèvre, en attendant pratique, De perles entouré comme une idole antique.
Disait, heureux et triomphant :
« Le plus riche joyau qui soit dans ma boutique, C'est encor toi, Nella; c'est toi, ma chère enfant! »
Entre un beau chevalier, moustache sur la lèvre : « Jouvencelle, salut 1 Salut, mon brave orfèvre I
Fais-moi, plus merveilleux trésor Que tout ce qui sortit de ta main exercée;
Une belle couronne d'or I...
C'est pour ma douce fiancée. »
Et, lorsque du fourneau fut tirée avec soin Cette œuvre d'opulence et de délicatesse, Nella fut prise au cœur d'une grande tristesse ; Elle se retira, pensive, dans un coin, Et, seule, contemplant la couronne de loin :
a Ah I quelle damoiselle heureuse en toutes choses, Qui de cette couronne aura son voile orné !
Si le beau chevalier m'eût seulement donné
Rien qu'une couronne de roses.
J'aurais plus de bonheur qu'aucun front couronné! »
A quelque temps de là, vers l'époque fixée.
Le chevalier revint. Il admira comment Rayonnait la couronne au soleil nuancée ; Puis : « Fais-moi, brave orfèvre, un jonc de diamant, Plus clair que la plus claire étoile au firmament!... C'est pour ma douce fiancée. »