‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 2)Chapitre 16 sur 168 · AUX MANES DE REQUIEN · texte numérisé non relu

AUX MANES DE REQUIEN

( Poésie provençale. — roumanillr)

Quand la rosée en mai sur chaque fleur perloie, Quand les fleurs, en toilette, au zéphyr qui les ploie, De baisers en baisers livrent tout leur parfum, L'abeille, au petit jour, commence sa journée, Et voilà qu'elle part pour faire sa tournée, Sémillante et pimpante avec son corset brun.

Pour amasser du miel, ohl comme elle est active! Et comme il est joyeux le long bourdonnement

De la travailleuse hâtive 1 Des coteaux aux vallons, bien! vole incessamment! (Les fleurs qu'elle choisit sont toujours les plus belles). Glaneuse du printemps, quel labeur I que de pas ! A tes doigts effilés que de gerbes rebelles ! Pour ta frêle moisson, que de mal, n'est-ce pas?...

Ce n*est tout d'amasser, il faut traîner la charge, L'apporter brin à brin dans la ruche peu large. Regardez notre abeille — elle est lasse, oui-da. Plus qu'on ne peut le dire — elle va, vient, travaille. Puis, sur la marguerite ou sur le réséda.

Lorsque son pauvre cœur défaille.

Il lui faut, par moment, plier ses ailes d'or... La petite cabane est loin, si loin encor! — Enfin... enfin! elle a tant amassé, pauvrette. Tant erré qu'écrasée, un jour, sous son trésor, Elle se cache toute au sein d'une fleurette,

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