QUATRIÈME FÉE
Et moi, Reine; où faut-il aller?
TITANIA
Voilà mon Roi, Et le vôtre!... Soyez aimables et polies Pour ce fils de la Terre, et faites-vous jolies. Chantez autour de lui, dansez vos plus beaux pas. D'abricots savoureux, de la grappe des treilles. De mûres au sang noir, et de poches vermeilles, Et de figues d'Athéne embaumez ses repas.
Dérobez leur doux miel aux fécondes abeilles Pour tempérer son vin de Crète et de Naxos; Et dévalisez-les de leurs cires, pareilles Dans leur cuisse gonflée, à la moelle des os. Pour en faire un flambeau, nocturne météore.
Que vous allumerez à Tœil du ver-luisant.
Et qui caressera, d'un rayon complaisant.
L'enivrement rêveur du mortel que j'adore!
Aux insectes, de l'ombre et du silence amis.
Arrachez mollement leurs ailes bigarrées.
Pour amortir, avec des gazes colorées, Les longs dards de Phœbé sur ses yeux endormis... — Esprits, inclinez-vous, comme devant un Mage, Et d'un culte divin prodiguez-lui l'hommage.