Weber, prononcez Vèbre
Que ce regret sans doute, en son âme, importune, Car son œil absorbé, pour le reste distrait.
De l'archet éloquent suit de loin chaque trait; El lorsque, bien tendu sur la main, un gant jaune Vient, heureux courtisan, la prendre sur son trône. Elle cède, rêveuse, au sémillant vainqueur, Les pieds dans le plaisir et des larmes au cœur I
Alors: a II fait bien chaud, ici, mademoiselle!... Que de monde, ce soir, la marquise a chez elle!... Prévoyez-vous beaucoup de bals pour cet hiver?... On ne vous a pas vue à l'ambassade, hier...
Est-ce que vous aimez cette robe-tunique?... » (De nos mille dandys vocabulaire unique).
Puis la musique invite à partir, et soudain.
Comme au vent du midi les roses d'un jardin.
Au souffle des hautbois toutes les jeunes femmes. Tournoyant, s'élevant, tombant avec les gammes, Volent, et le salon se dresse pour juger De la trombe de fleurs le gracieux danger.
Les cuivres saccadés brisapt le rhythme large. Du vertige, à la fin, semblent sonner la charge; La valse, à leur signal, redouble de vigueur. Du parquet sous ses bonds dévore la longueur. Renverse autour de soi tout obstacle ou l'emporte. De ses ailes de feu frôle, en riant, la porte. S'y plonge, disparaît, et, comme un flot qui bout, Plus folle, au même instant, rentre par l'autre bout.
Mais, sonore rival des kaléidoscopes.
L'orchestre se transforme et se plie aux syncopes Dont Weber, en plein délire, alanguit son motif; Le torrent apaisé coule en ruisseau plaintif. L'orage hors d'haleine expire, et chaque couple Ramène à ses trois temps la valse lente et souple. Qui bientôt, comme fait un oiseau trébuchant, De son vol eff*aré se repose en marchant.
Et le valseur, pendant la marche paresseuse, S'efiforçant à l'esprit auprès de sa valseuse :
ce J'étais Tautomne à Bade avec le monde entier, Un lansquenet d'enfer m'y traita sans quartier; Tout maussade et léger, je m'enfuis jusqu'à Londre; Oq est toujours trop gai pour ce peuple hypocondre ; A leur Hamlet j'ai ri si fort qu'on me fit : chut I Mais je gagnai le spleen, à mon tour, au Freyschulz.,, — Ahl monsieur, Weber dortl... le cygne d'Allemagne ! Et les rires épars dont le bal s'accompagne, Et le bruit de nos voix, et le bruit dé nos pas. Et ses propres accords ne le réveillent pas!... »
Et l'étrangère — ( une ombre a souri devant elle ! ) — Passant sur ses grands yeux son mouchoir de dentelle. Recommence à la valse un tour aérien Avec son beau parreur, qui ne dira plus rien.
( Traduites du gascon. — jasmin)