‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 4)Chapitre 112 sur 164 · CANTILÈNE DU POETE ESPAGNOL VILLÉGAS · texte numérisé non relu

CANTILÈNE DU POETE ESPAGNOL VILLÉGAS

J'ai vu sur un thymier en fleur Un petit oiseau bien en peine.

Parce que son doux nid, aux mains de l'oiseleur. S'en allait à travers la plaine.

Je l'ai vu, désolé de ce larcin cruel.

Jeter au vent plainte^ sur plaintes.

Pour qu'il portât ses larmes saintes Et tout son chagrin jusqu'au ciel.

Tantôt de cris aigus il redoublait encore ; Tantôt il se taisait, comme n'en pouvant plus ; Et puis il reprenait, en eCTorts superflus.

Sa lamentation sonore.

Tantôt il voletait en cercles redoublés.

Et tantôt il rasait la prairie et la mare; Ou bien, de branche en branche, il suivait le barbare Et sautait sur le bord des blés.

Par ses pleurs, sous lesquels un roc pourrait se fondre, Il disait : a Ahl méchant qui presses tant le pas, Rends-moi mon cher trésor ! d— Je vis l'homme répondre : tt Je ne veux pas! je ne veux pas! »

19K OEUVRES D'EMILE DESGHAMPS.

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