CANTILÈNE DU POETE ESPAGNOL VILLÉGAS
J'ai vu sur un thymier en fleur Un petit oiseau bien en peine.
Parce que son doux nid, aux mains de l'oiseleur. S'en allait à travers la plaine.
Je l'ai vu, désolé de ce larcin cruel.
Jeter au vent plainte^ sur plaintes.
Pour qu'il portât ses larmes saintes Et tout son chagrin jusqu'au ciel.
Tantôt de cris aigus il redoublait encore ; Tantôt il se taisait, comme n'en pouvant plus ; Et puis il reprenait, en eCTorts superflus.
Sa lamentation sonore.
Tantôt il voletait en cercles redoublés.
Et tantôt il rasait la prairie et la mare; Ou bien, de branche en branche, il suivait le barbare Et sautait sur le bord des blés.
Par ses pleurs, sous lesquels un roc pourrait se fondre, Il disait : a Ahl méchant qui presses tant le pas, Rends-moi mon cher trésor ! d— Je vis l'homme répondre : tt Je ne veux pas! je ne veux pas! »
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