‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 4)Chapitre 53 sur 164 · CHENONCEAUX · texte numérisé non relu

CHENONCEAUX

Sainte et magnifique demeure, Vouée au culte du passé, De tout ce qu'autre part on pleure, Chez vous rien ne s'est effacé.

Le temps, qui ravage et moissonne, Sem))le endormi sous vos grands bois; Votre horloge aujourd'hui nous sonne L'heure qu'il était autrefois ! •— Et ce lieu, par un charme étrange, Est ancien et non pas vieilli ; Et jamais rien de beau n'y change.

Pas même pour être embelli.

Telle, en ces contes que Ton aime, La princesse aux palais flottants Se réveillait jeune et la même Après un sommeil de cent ans.

Ah I du feu céleste échauffée.

L'humaine volonté peut tout; Le sceptre des arts et du goût Vaut la baguette d'une fée.

Cest pourquoi Chenonceaux toujours S'ouvre comme un magique livre.

Dont chaque page fait revivre Le doux fantôme des vieux jours.

Du Portail à la Galerie, De l'Office à la Librairie,

DERNIÈRE OFFRANDE. i15

Et de la Chapelle au Dortoir,

L'étranger, ardent à tout voir,

Marche en pleine chevalerie.

Nous venons à peine d'entrer

Qu'ici nous croyons respirer

Les nobles mœurs de nos ancêtres ;

Et l'hospitalité des mattres.

Cette prompte séduction,

Par la courtoisie et la grâce.

D'un cercle enchanté nous embrasse

Et complète Tillusion î

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