‹ Œuvres complètes de Émile Deschamps (volume 4)Chapitre 65 sur 164 · A MADEMOISELLE LOUISE BERTIN · texte numérisé non relu

A MADEMOISELLE LOUISE BERTIN

Saint délice, où se prend l'être immatériel, Interprète du cœur, volupté salutaire.

Chaste langage, exempt de mélange adultère.

Pur nectar, que jamais ne corrompt aucun fiel;

Musique, le seul art des anges dans le ciel, Une femme, jeune ange envoyée à la terre.

Une seule a surpris votre intime mystère, Et vos sonores fleurs lui donnent tout leur miel.

C'est que, pour sa ferveur mâle et laborieuse.

Votre charme toujours fut chose sérieuse;

C'est qu'elle songe à l'œuvre et non pas aux bravos.

Or, au culte du Beau dès l'enfance vouée,

Mozart en l'écoutant l'a bénie et douée

Pour chanter sans rivale entre quelques rivaux.

i30 OEUVRES D'EMILE DESCHAMPS.

A ALPHONSE LEFLAGUAIS

Paris, qu'eût envié la Rome des Césars, Des rayons de la France est le gouffre et le centre; Tout gravite vers lui, rien n'en sort qu'il n'y rentre; L'or français lui bâtit et temples et bazars.

La vie ailleurs n'a plus que stériles hasards ; Le lion du pouvoir dans Paris a son antre ; Et de Paris encor tout peintre ou divin chantre Date sa gloire et prend son vol au ciel des arts.

Un poète pourtant, cygne de Normandie, Dédaigne un joug pompeux que le reste mendie, Et s'obstine à chanter où Dieu posa son nid;

C'est toi, cher Leflaguais, et ma joie étincelle Lorsque j'entends Paris, la voix universelle, Se faire écho pour toi, que ta ville bénit.

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