‹ Œuvres complètes de Emile Deschamps (volume 5)Chapitre 119 sur 159 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

GEORGE DANDIN, seul.

Eh bien ! George Dandin, vous avez, sans broncher,

Entendu de quel air vous traite votre femme?

Voilà ce qu'en ménage est une grande dame

Lorsqu'on n'est qu'un vilain. On se voit arranger

De toutes les façons, — sans pouvoir se venger.

La gentilhommerie avec son étalage

Vous tient les poings liés, et rien ne vous soulage :

L'égalité d'état au mari maltraité

De se fâcher, au moins, laisse la liberté.

Si vous aviez affaire à quelque paysanne,

Vous vous feriez justice à bons grands coups de canne.

Mais vous vouliez tâter du noble devant tous,

Cela vous ennuyait d'être maître chez vousl...

Ah l je me donnerais, tant j'enrage ma vie,

Cent soufflets, et voilà pour m'en passer l'envie.

Quoi ! d'un muguet ouïr impudemment l'amour!

Et, plus impudemment, promettre du retour I

Morbleu I je ne veux pas, de tel nom qu'on m'appelle.

Laisser passer sans bruit occasion si belle.

11 me faut, de ce pas, m'aller plaindre au pouvoir

Du père et de la mère, et leur faire bien voir.

Pour en tirer raison, tous les sujets de peine

Que me donne leur fille, et le train qu'elle mène.

— Mais, les voici venir tous deux fort à propos.

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