‹ Œuvres complètes de Emile Deschamps (volume 5)Chapitre 6 sur 159 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les PKâciDBNTSf LORMON.

LORMON, sortant du cabinet.

Restez, monsieur, restez ; Des éclaircissements vont nous être apportés, Et, dès qu'il sera temps, vous saurez ma réponse.

JULIETTE

A qui parlez- vous donc ?

LORMON.

Ma nièce, je t'annonce Un aimable étranger qui vient, tous deux, nous voir; L'un et l'autre, songeons à le bien recevoir.

A part.

Son entretien m'a plu; sa candeur, sa jeunesse... Il semble auprès de lui que mon printemps renaisse I Je voudrais, pour un nœud aussi bien assorti, Qu'il fût sûr de son père et qu'il n'ait pas menti.

A Juliette.

Ne vas-tu pas changer quelque' peu ta toilette?

JULIETTE

Vous me croyez, mon oncle, en vérité, coquette. Ehl que m'importe à moi votre jeune étranger?

14 OEUVRES D'EMILE DESGHAMPS.

J'étais bien pour Paris, fant-il ici changer? Parlez-moi de la pièce et de Tauteur sublime...

Encor Fauteur? — Ta tête et se monte et s'anime... Eh bien, je vais te faire un plaisir étonnant.

JULIETTE

Quel est-il?

LORMON.

Ce poète, en vogue maintenant, Et dont) en vérité, je te crois amoureuse...

JULIETTE

Sans ravoir entrevu : passion malheureuse !

LORMON.

Viendra ce soir ici. Tu verras le vainqueur.

JULIETTE

Laissez donc, vous m^avez fait palpiter le cœur !

VERDELIN, à part, avec dépit.

Bravo 1 rien n'y manque.

LORMON, continuant.

Oui; tandis que dans la salle Vous vantiez un ouvrage applaudi sans cabale, Moi, pour me dégourdir, j'ai couru les foyers. J'aperçois, tout au fond, quelques particuliers Qui ne se lassaient pas d'en embrasser un autre; J^avance, c'est l'auteur. Quelle scène est la nôtre En nous reconnaissant I je l'embrasse à mon tour. Et de grand cœur encor 1 ce n'est pas de ce jour. Vois-tu bien, que son nom est cher à la famille. Je veux que ce hasard nous rapproche; oui, ma fille, Je rinvite, il répond à mon pressant accueil. Et ce soir, à souper, je l'attends dans Auteuil. Là, loin qu'à ton suffrage enfin il se dérobe...

Ne remarquez-vous pas, Claire, que cette robe Me va mal?

GLAIRE

Ah! très-mal.

JULIETTE

Venez donc, un instant...

LORMON.

Maïs tu n^es pas coquette?

JULIETTE

Il ne faut pas pourtant Faire peur à celui qu'on va fêter à table?

VERDELIN

Allons 1 décidément sa pièce est détestable.

Jaliette et Claire sortent.

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