IV
<il8 OEUVRES D'EMILE DESGHAMPS.
Gés derniers mots furent dits avec une douceur sr tendre! 11 refusait comme on prie.
La duchesse obéit sans comprendre.
Or, le lendemain, le duc était pensif et soucieux, la tête appuyée sur son grand balcon doré qui domine le Tage, lorsqu'il aperçut de loin des piqueurs et deux carrosses à la livrée du roi, qui, en trois minutes, arrivèrent devant la porte du palais Soldegno, où ils s'arrêtèrent. Le duc se précipita vers le grand escalier et parvint h la dernière marche, comme le marquis de Palmela^ grand maîtrede l'hôtel, descendait de l'un des carrosses et quatre seigneurs de l'autre. Le duc les fit entrer dans la grande galerie de tableaux. Là, le marquis lui donna une lettre scellée du sceau royal; le duc mit un genou en terre pour la recevoir, et, après l'avoir portée à ses lèvres, il rompit le^cachet, et s'étant relevé il lut ce qui suit :
tt Notre bien-aimé cousin, duc Nunès de Soldegno, nous vous faisons savoir que, d'après l'avis de notre conseil privé, nous permettons à votre cher fils don Fernando, colonel du régiment de nos gardes, d'aspirer à la main de notre fille chérie, l'infante Isabella. Nous sommes heureux de vous faire cet honneur, comme nos aïeux l'ont fait plus d'une fois aux vôtres, et nous aurions voulu vous l'annoncer nous-mêmes, à votre fête annuelle, devant tous vos conviés. C'est pourquoi nous vous pressions hier au sujet de cette fête.
a Que Dieu vous accorde de longues années.