I.E SPLEKN
peux pas penser à votre mémoire quand je penis à Tobie... c'est cependant bien clair, et ra n'est pas difficile A comprendre ; mais les papas ne veulent jamais entendre ça.
JONATHAN
Eh bien, c'est ce qui vous trompe... j'entends très-bien que votre M. Tobie est un petit fat qui vous fait les yeux doux... mais la fille de Jonathan, du Grand- Léopard, n'est pas faite jiour écouter un petit musicien... et un lifre encore !
AIR (lu vaudeville de L'Écu de sir. francs.
Ici, c'est en vain qu'il me brave.
Sachez que je pense trop bien Pour laisser ma fille et ma cave Au pouvoir d'un musicien ; Je suis trop adroit politique, Et pour en faire un gendre enfin, Je liens beaucoup trop à mon vin Et pas assez à la musique.
Et quelle musique ! il en est à la gamme !
rachp:l.
11 la sait presque.
JONATHAN
Oui... car il vient toute la journée l'étudier ici! un son aigu qui vous entre dans les oreilles ! Nous préserve le ciel de son instrument, et de tous ceux qui y ressemblent; mais il finira par faire déserter ma maison ; le comte Ernest s'en est déjà plaint : le comte Ernest!... huit cents guinées par semaine !... J'entends, mademoiselle, que Tobie ne remette plus le pied ici.
RACHEL
Mais, mon papa, s'il venait sans son fifre !
JONATHAN
Non, mademoiselle, avec ou sans accompagnement, je n'en veux plus.
RA.CHEL.
ComiTient, il serait possible... c'est là votre dernier mot... Eh bien, mon papa, vous ne savez pas ce qui peut arriver! Vous ne connaissez pas Tobie... vous ne me connaissez pas... et je vous préviens que nous ferons quelque coup de désespoir... Ah! mon Dieu! mon Dieu!... ne plus voir Tobie... je ne pourrai pas vivre ainsi !...
UNE VOIX, au dehors.
Holà ! quelqu'un !
JONATHAN
Eh bien, Rachel, vous n'entendez pas?
RACHEL
Est-ce que je peux, puisque je pleure?
JONATHAN
Et moi, j'entends que vous ne pleuriez pas; je vous ordonne d'être gaie et toujours gaie ; on vient aux eaux pour se divertir, el l'on n'a pas besoin de rencontrer des visages tristes.
RACHEL
Ah ! mon Dieu ! quel état ! on ne peut pas môme pleurer quand ça vous amuse.