SCÈNE III
JONATH.IN, KINNECESTER, yi""' DE LUSSAN.
M™^ DE LUSSAN, à la cantonade.
Eh! mon Dieu ! je ne suis pas difficile, je me contenterai du premier; que l'appartement soit élégant... meublé à la française... et que la vue soit agréable... je n'en ilemande pas davantage.
AIR : Depuis longtemps j'aime Adèle.
De ma préëencc que l'on ôle Ce qui peut atlrisler les yeux; Avant tout j'aime, mon cher hôte, Accueil aiiiiablf cl sj^racieu.x; De la gaîlù, plus d'air niurose,
t,K SPLEEN ilVj
Sur vos visages, si je puis,
Qu'au moins je trouve quelque chose
Qui me rappelle mon pays.
(Jonathan sort en snlunnt plusieurs fois.) KINNECESTEll, qui pendant co temps s'est occupé à lire dans un coin.
En croirai-je mes yeux !... Madame la comtesse de Lussan !
M""^ DE LUSSAN
Eh ! c'est vous, monclicr Kinnecester ! depuis mon arrivée en Angleterre, je demandais de vos nouvelles à tout le monde ; vous avez quitté Paris si brusquement !
KINNECESTER.
Je m'étais présenté chez vous à deux heures le jour de mon départ, pour vous otfrir un exemplaire de mes Considérations philosophiques. (En tirant de sa poche.) Eu voici encore.,.
M'"'' DE LUSSAN
Oui, je me rappelle... je n'ai pu vous recevoir, j'avais été la veille au bal... voilà comme on néglige ses meilleurs amis ; mais je ne les oublie pas, et j'ai toujours conservé pour vous le respect qu'une écolière doit à son professeur.
Ah ! madame !
M"" DE LUSSAN
Je m'ennuyais tant dans le pensionnat, que j'attendais avec impatience les jours où vous deviez nous donner leçon : car, pendant deux ans, je ne me suis un peu divertie qu'en vous entendant prononcer l'anglais.
KINNECESTER.
Aussi, c'étaient les leçons les plus gaies! et les progrès que vous avez faits m'ont bien payé de mes soins ; sans compter la pension que monsieur votre père m'a faite.
M™'' DE LUSSAN
Oui, je le sais.
KINNECESTER.
Je VOUS avonerai que j'ai été sensible à ce témoignage de reconnaissance... Certainement, une pension viagère sur la tôte de votre élève me semble la manière la plus honorable et la plus délicate de reconnaître les soins d'un professeur distingué; c'est ainsi qu'en a agi avec moi le conitc d'Éianges.
M™« DE LL'SSAN.
Ernest d'Étanges ?
KINNECESTER.
Oui, à qui, pendant mon séjour en France, j'ai enseigné les premiers éléments de la philosophie... et il serait à désirer que tout le monde adoptât cet usage.
M™^ DE LUSS.VN
Oui, c'est une spéculation de tendresse qui rapporte à tout le monde ; car enfin vous voilà obligé toute votre vie de taire des vn'ux pour ma sanlé.
KIXNECESTER.
Je n'ai jamais cessé d'en faire, (s'inciinant.) Oserais-je demander à madame la comtesse comment elle se porte".'...
M™<^ DE LtSSAX.
.Mais, grâce au ciel, fort bien pour vous et pour mui.
AIR : Voilà le train de ma vie.
Usant des droits du veuvage, J'ai, dans les jeux et les ris, Dans les plaisirs du jeune âge, Passé l'hiver ù Paris, Le calme m'est nécessaire, El, lasse de m'amuser.
Je venais en Angleterre Alin de me reposer.
KINNECESTER.
Vous vous trouverez ici en pays de connaissance .. Mon