SCÈNE III
JEAN, seul.
Voyez pourtant! une princesse! ça t'irait bien, mon ami Jean, une trouvaille comme celle-là ; je n'en demanderais pas tant; et si je rencontrais seulement une jeune fille avec un nez aquilin et un œil noir... qu'elle fût princesse ou non; mais bah ! aucune ne veut m'écouter; elles s'enfuient devant moi.
AIR : Tenez, monsieur Joconde. (Joconde.)
Premier couplet.
Ah 1 que n'ai-je une belle ':* Mais aux eentils minois
Que je vois Faut d' la riche dentelle Ou des rubans Charmans.
Quel désespoir.
Hélas ! d'avoir, Pauvre Jean, (Bis.) Tant d'amour et pas d'argent!
Deuxième couplet.
Avec eir en cadence
J' pinc'rais mon rigodon
Sur r gazon, Mais jarni! quand on danse Faut payer le violon;
Quel désespoir, etc.
Le l'ail est que j'ai un guignon de possédé !... je n' iieux pas réussir à vendre mon tas d' fagots; je n'ai rien au monde que ma cabane et mon chat; et encore, ce pauvre animal, on me le tuera quTîlque jour, vu que le duc de Mirobolan , qui n'aime pas les chats, vient de rendre un édit (jui les bannit à perpétuité. Mais, par exemple, s'ils attrapent le mien, ils seront bien habiles... c'est un luron celui-là... un angola magnifique, qui grandit encore tous les jours... faut que ça soit une espèce particulière... peut-être un chat de Terre- Neuve; je suis sûr qu'à l'iieure qu'il est, il court les champs pour trouver notre dîner : une perdrix pour moi et une souris pour lui, v'ià notre ordinaire de tous les jours, (on entend un coup de fusil.) Là! qu'cst-cc quc je disais?... ce diable de chat me fait des peurs... avec son petit fusil de quatre sols que j' lui ai acheté à la dernière foire... malgré t,'a, s'il m'apporte quelque chose, ça ne fera pas mal, car notre déjeuner de ce matin a été passé sous silence, et dans ce moment, mon estomac ne serait pas ftiché de trouver à qui parler, (ii appeUe son ciint.) Dis donc, petit, pelit!... hum, hum... liens, le voilà qui s'approche d'une jeune lille qui
LE CHAT liOTTK 281
porte un panier... Minet, Minet ! par ici! (Le rimt traversa le ihéiUre, son fusil sous uiio p.itti".) Eli I)ien ! OÙ va-t-il (lonc ainsi?