‹ OEuvres complètes de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 103 sur 154 · AGLAÉ, ]«•"« DE ROSELLE · texte numérisé non relu

AGLAÉ, ]«•"« DE ROSELLE

M""*" DE ROSELLE

Rien, mais je crois que votre prétendu est un peu bizarre, un peu originaL

AGLAÉ

Madame le connaît?

M""' DE ROSELLE, souriant.

Oui, beaucoup plus que vous ne croyez... et comme amie de votre père et de votre famille, me permeltrez-vous, ma chère Aglaé, de vous demander comment vous le trouvez?

AGLAÉ

Mais très-bien.

Vous n'êtes pas dil'iicile; et que vous disait-il tout i l'heure ?

AGLAÉ

Vous le devinez sans peine, il remplissait son rôle de prétendu, il me faisait la cour.

M™" DE ROSELLE, étonnée.

11 vous faisait la cour?

l'amant liossu 225

AGLAE.

Oh ! mon Dieu, depuis ce malin, il me rcpcle qu'il m'aime, qu'il m'adore ; c'est toujours la même chose.

M'"'^ DK ROSELLE.

Quelle indignité! vous tromper à ce point!

AGLAli, souriant.

Me tromper! Allons, je vois qu'effectivement vous le connaissez, et que vous êtes au fait! mais rassurez-vous, j'y suis aussi, et je sais que ce déguisement, celle laiile contrefaite ne sont qu'une ruse.

M""' DE nOSELLE.

Comment! une ruse !

AGLAÉ

Oui, celle tournure difforme qu'il n'a adoptée que pour quelques instauls.

Pour quelques instants! mais il serait fort embarrassé d'en prendre une autre.

AGLAÉ

Que voulez-vous dire ?

M™*' DE ROSELLE, montrant son épaule.

Que rien n'est plus réel... plus véritable...

AGLAÉ

Quoi! il serait en effet...

M""'= DE ROSELLE

Il n'a jamais été autrement.

AGLAÉ

Mais Julienne, la jardinière, qui le connaissait, et qui m'a allcslé...

M™* DE ROSELLE

Une domestique qu'il a gagnée, qu'il a mise dans ses intérêts, (a part.) Ah! ma pauvre cousine! je suis outrée. (Haut.

226 COMÉDIES — VAUUliVILLK^

Mais soyez tranquille, je veux le démasquer, vous donner des preuves... son père, je m'en flatte du moins, n'est pas encore parti, et c'est devant vous tous que je saurai le confondre. (Apnrt.) Cette pauvre petite, combien je la plains! mais voyez donc, à qui se fier!... un magot comme celui-là, qui se mêle aussi d'être volage, et de trahir sa femme... (a haute voix.) Rostoz, ma pctilc, je suis à vous dans l'instant.

(Elle sort vivement. )

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