EMILIE, RAYMOND
RAYMOND
Enfin, nous en voilà débarrassés. Quand j'y pense, qui se serait jamais douté que ce pauvre Edouard avait du goût pour la musique, et des dispositions pour les dettes?... J'ai peut-être eu tort de le refuser ; c'était un jeune homme à ménager, (a Emilie.) J'en suis sur, le pauvre garçon ne sait où doinier de la léte.
Alll (lu vaudeville do Partie carrée.
De son destin c'est à tort qu'il s'irrite,
l'ahtiste ,269
Dans son malheur il lui reste un ami ! Ah ! quelle idée 1 emporte-moi bien vile Ce que j'ai fait ici de Rossini.
Il est sauvé, je t'en réponds, ma chère... Mes pinceaux, vite, avec mon chevalet.
EMILIE
Et pourquoi donc ? .
RAYMOND
Eh parbleu ! pour lui faire De l'Horace \'ernet.
(il prend sa pnleUo et ses pinceaux, et se met à son chevalet.)
Tiens, en deux temps, une petite esquisse, et voilà les dettes payées. Dieux ! quels progrès a laits la peinture!... quatre mille francs dos tableaux de genre ! pauvre Emilie ! deux ou trois petits tableaux par an, et ce sera ta dot. Je ne sais pas ce que j'ai... ce M. Verbois, avec ses doléances, a glacé mon génie. Dis donc, ma fille, chante-moi quelque chose, pour me remettre en verve.
EMILIE
Moi, mon père, je ne suis pas en voix.
RAYMOND
Qu'est-ce que cela fait ? est-ce que tu crois que je t'é- Goute ? je suis là à travailler. D'ailleurs cela te fera passer le temps d'ici à l'arrivée de M. Roussel et te disposera merveilleusement à prendre ta leçon de déclamation. Va, va toujours.
EMILIE
A quoi bon ? il n'y a pas besoin de savoir chanter pour jouer la tragédie.
RAYMOND
Au contraire, mademoiselle, c'est ce qui vous trompe... c'est que c'est fort utile... (on frappe.) Hein! qui est-ce qui vient là ?