M™'' DERMONT
Oui, ma chère Suzanne, (a voix basse.) As-tu vu quelqu'un?...
SUZANNE, (le mèiiip.
Non, madame... pas encore... mais j'ai un cachet à vous donner si VOUS le voulez...
M"" DERMONT
Donne donc vite...
SUZANNE, s'approche du comptoir, y prend une carte, et la remet à M™' Dermont arec un billet.
AIR : Voilà la manière.
Voici cette lettre Qu'un jockey discret Avait fait remettre,
jjme DERMONT.
C'est bon, du secret !
M™^ DEFONROSE.
Eh ! mais, voyez-vous.
Ce cachet d'un nouveau système? C'est un billet doux.
SAINT-AMAND
Vous croyez ?...
Hjme DEFONROSE.
Oui, j'en pourrais mémo Jurer sur mon âme, A ce pli délicat.
SAINT-AMAND
Je vois que madame Connaît le format.
M™" DERMONT, qui pondant ce temps n lu, A Suzanne.
C'est bien... il doit venir... fais-lui donner ce billet... et
Scribe. — Œuvres complètes. II'"^ Série. — G"'" Vol. — lîl
204 COMKbIES — VALUEVILLKS
viens do l'écrire A la hâte dans l'étude de mon mari... Mais qu'il ne te voie pas !... car il se douterait...
SUZANNE
Ne craignez rien... je ne paraîtrai pas... je vais vous conduire au petit salon...
DURILLON, enlrant et appelant.
Numéro treize... numéro quatorze...
(Deux personnes se lèvent et entrent à gauche.) SUZANNE.
Ah! te voilà, Durillon... il faudrait...
(Elle lui remet le liillet et lui parle bas à l'oreille.) nURILLON, l'écoutant à peine.
Je sais ce que c'est... je sais ce que c'est, (criant.) Un consommé au numéro onze.
SUZ.AN.NE
Je sais ce que c'est... je sais ce que c'est... lu dis toujours cela! et tu fais tout de travers... Un homme d'une cinquantaine d'années...
DURILLON
Oui, une lettre, je sai:< ce que c'est... je lui ai déjà parlé.
SUZANNE
11 est donc ici?...
DURILLON
Eh! oui... et il attend... sois tranquille... (criant.) Deux personnes qui sortent; numéro quinze, numéro seize... Tu peux t'en rJi)porter à moi, je ferai tout marcher de front...
(il sort d'un cô'é; Suzanne et JU""^ D.rmont de l'autre.) SAINT-AMAND,
C'est charmint, et ie hasard vient de nous livrer à peu près le secret d'une intrigue... Il faut avouer .. (|ue le lieu est favorahle.
AIR à'Ai-htippe.
■ ■ Ici l'amour csl toujours sous le? armes,
L HOTp;i- DES «AIN S
Et ce séjour, asile du plaisir,
A la beauté donne de nouveaux charmes.
Et dans son cœur éveille le désir;
A ses altrails dans ces lieux elle pense
Bien plus, hélas ! qu'à son mari :
C'est la fontaine de Jouvence, Et plus souvent c'est le fleuve d'oubli.
(Se retournant.)
Eh! mon Dieu... en croirais-je mes yeux? En voici bien d'autres! C'est mon notaire lui-même.