SCENE XV
NANCY, LE COMTE, PÉTERS, puis LOURDORFF et HER- MANCE, Valets.
LE COMTE, aux valets.
C'est bien, c'est bien, emparez-vous de toutes les portes, je vous dis qu'il est ici! et morbleu! je le trouverai.
LOURDORFF, entrant.
Eh bien! qu'y a-t-il donc? En est-ce encore un?...,
LE COMTE
Ah ! VOUS voilà, mon cher Lourdorff... Mille pardons de commander ainsi chez vous. Que je vous apprenne une nouvelle... Imaginez-vous que mon fripon de neveu, qu'Adolphe de Valberg, et lord Ruthven, sont la môme personne.
LOURDORFF.
Eh! mon Dieu, nous le savons de reste! il y a plus de deux heures qu'il met le château sens dessus dessous.
LE COMTE
Eh bien! vous ne l'avez pas arrêté?...
PÉTERS
Ah ! bien oui! si vous croyez que ce soit possible...
LE COMTE
De quel côté est-il sorti?
PÉTERS
Je vous en prie, monsieur, ne m'interrogez pas là-dessus; tout ce que je puis vous dire, c'est qu'il était tout à l'heure dans cet appartement.
LE C0.MTE, à NancT.
Eh bien ! mademoiselle, vous l'avez vu, vous lui avex parlé?
NANCY
Moi! oui, monsieur; mais je ne sais... j'étais si troublée... (le grâce, ne me demandez rien !
LE COMTE
Allons, corbleu ! tout le monde ici perd la raison ; mais Adolphe ne peut être loin.
AIR : Mon cœur à l'espoir s'abandonne. {Caroline.)
Ce salon n'a point d'autre issue,
(Montrant le cabinet.) C'est dans ces lieux apparemment Qu'il se dérobe à notre vue, Enlevons ce retranchement.
PÉTERS, voulant l'arrêter.
Mais la porte est fermée.
LE COMTE, reprenant l'air.
Pour l'enfoncer cherchons main-forte.
PÉTERS, s'éloignant.
Si j' l'aidions, ça nous coùt'rait cher.
LE COMTE
Réponds : où mène cette porte?
PÉTERS, à part.
C'est sûr, ça doit m'ner en enfer. LE COMTE et LES VALETS.
Allons, il n'est point d'autre issue, etc.