‹ OEuvres complètes de Eugène ScribeChapitre 186 sur 223 · RANTZAU, RATON · texte numérisé non relu

RANTZAU, RATON

(RantzQU s'est assis près du comptoir, et Raton de l'autre côté, m droite.) RATON.

On vous a fait attendre, et j'en suis désolé.

RANTZAU

J'en suis ravi... je reste plus longtemps avec vous; et l'on aime à voir de près les personnages célèbres.

RATON

Célèbre !... vous êtes trop bon. Du reste, c'est une cliose inconcevable... ce matin personne n'y pensait, moi non plus... c'est venu en un instant.

RANTZAU

C'est toujours ainsi que cela arrive (a part.) et que cela s'en va. (Haut.) Je suis seulement tâché que cela n'ait pas duré plus longtemps.

RATON, naïvement et se levant.

Mais ça n'est pas fini... Vous l'avez entendu... ils vont venir me prendre pour me mener en triomphe. Pardon, je vais m'occuper de ma toilette, car, si je les faisais attendre, ils seraient inquiets ; ils croiraient que la cour m'a fait disparaître.

RANTZAU, souriant.

C'est vrai, et cela recommencerait,

Comme vous dites... ils m'aiment tant aussi !... Et puis, ce soir, ce souper que je donne aux notables sera, je crois, d'un bon effet, parce que dans un repas on boit...

RANTZAU

On s'anime.

RATON

On porte des toasts à Burlunislaff, au chef du peuple, comme ils m'appellent... Vous compienez... Adieu, monsieur le comte.

RANTZAU, souriant et le rappelant.

Un instant, im instant... pour boire à votre santé il faut du vin, et ce que vous disiez tout à Tlieure à votre femme...

RATON, se frappant le front.

C'est juste... je l'oubliais... (ll passe derrière Rantzau et derrière le comptoir, et montre la porte qui est sous l'escalier.) J ai là le CaVCaU

secret, le bon endroit oh je tiens cachés mes vins du Rhin et mes vins de France... Il n'y a que moi et ma femme qui en ayons la clef.

RANTZAU, à Raton qui ouvre la porte.

C'est prudent. J'ai cru d'abord que c'était là votre caisse.

RATON

Non vraiment, quoiqu'elle y fût en sûreté. (Frappant sur la porte.) Six pouces d'épaisseur; doublée en fer; et puis, il y a une seconde porte exactement pareille. (Prêt à entrer.) Vous permettez, monsieui le comte?

RANTZAU

Je vous en prie... je monte au magasin. (Raton est descendu

dans le caveau; Rantzau, qui avait fait quelques pas vers l'escaUer du magasin, revient en regardant autour de lui, s'avance vers la porte du caveau, la forme, retire la clef et revient tranquillement au bord du théâtre, en disant :) C'est un trésor qu'un homme pareil, et les trésors... (Montrant la clef.) il faut les mettre sous clef.

(il monte tranquillement l'escalier qui conduit aux magasins e! disparait.)

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