‹ OEuvres complètes de Eugène ScribeChapitre 64 sur 223 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

Les MÊSIES; UN DOMESTIQUE, tenant une lettre à la main.

[Sopbie se lève, va à lui, et prend la lettre. Le domestique sort.)

M™^ DE BLAXGV.

Qu'est-ce donc?

Une lettre qu'on apporte ; elle est timbrée de Fontainebleau.

M™^ DE BLAXGV, qui a pris la lettre, et qui i ouvre.

De Fontainebleau 1 Serait-ce la réponse que j'attendais? l-ii. 8

(a m. de Bussières.j Vous permettez ?... (Lisant.) « Madame. V pressés par les instances de M. de Courcelles, qui se plai- « gnait en votre nom de notre lenteur et de nos re-

« tards, etc... etC » (EUe achève de lire à voix laasse.) Ah! la

maison que j'avais retenue est entièrement vacante.

M. DE BUSSIÈRES, à part.

Ah ! mon Dieu !

M™^ DE BLANGY

Et elle peut me recevoir dès demain.

SOPHIE

Madame doit être bien contente, car c'est tout ce qu'elle désirait.

M'"^ DE BLAXGY.

Certainement ; mais M. de Courcelles. qui n'a de tact ni de mesure en rien, aura pressé ces braves gens avec une rigueur dont je vais être responsable ; on croira que je n'ai nul égard, nul procédé...

SOPHIE

Les procédés d'un locataire qui arrive vous ferez à Fontainebleau ce que monsieur fait ici.

Quoi, madame, votre intention serait ' e partir demain ?

M'^"'^ DE HLANGY.

Mais oui, monsieur, il le faut bien ; je ne puis abuser de votre complaisance, ni rester plus longtemps chez vous.

M. DE BUSSIÈRES

Chez moi ?

M"* DE BLAXGY.

C'est le mot. Dès demain cette maison sera ù votre disposition ; et pour les arrangements ù prendre...

M. DE BUSSIÈRES

Rien ne presse; nous pourrons en parler à loisir.

M™* DE BLANGY

A loisir, c'est-à-dire aujourd'hui... Mais je me môle peu de mes affaires, auxquelles du reste je n'entends rien ; c'est un ami de mon mari, M. de Courcelles, qui veut bien prendre ce soin.

M. DE BUSSIÈRES

M. de Courcelles, le receveur général ?

M""* DE BLANGY

Oui, monsieur. Vous le connaissez?

M. DE BUSSIÈRES

Un excellent homme, qui a rendu à ma famille d'importants services ; et je serai charmé de cette occasion de renouer avec lui.

Sophie, prévenez M. de Courcelles...

SOPHIE

.le viens de le voir sortir toiit à l'heure.

M™^ DE BLANGY

Tâchez qu'on le rejoigne, et dites-lui que M. de Bussiôres l'attend.

SOPHIE

Oui, madame, j'y vais. C'est donc demain que dccidcmcnt nous partons?

M'"^ DE BLANGY, sèchement.

Sans doute 1... Est-ce que cela ne vous convient pas? Est-ce que vous avez quelque chose à dire ?

SOPHIE

Rien, madame, (a pan.j Je dis seulement que c'est dommage, et que voilà, selon moi, une lettre bien maladroite.

(Elle sort.)

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