‹ OEuvres complètes de Eugène ScribeChapitre 65 sur 223 · M"^« DE BLANGV, M. DE BUSSIÈRES · texte numérisé non relu

M"^« DE BLANGV, M. DE BUSSIÈRES

M. DE BUSSIÈRES

Vous le voyez, madame, je suis né pour être malheureux ! Dès qu'il s'offre un adoucissement à mes peines , le sort semble me l'envier.

Que voulez-vous? il faut se résigner... Après tout, dans notre situation, qu'est-ce qu'un chagrin de plus '?

M. DE BUSSIÈRES

Vous avez raison... c'est bien peu de chose.

M'"^ DE BLAXGY.

Depuis longtemps j'y suis habituée.

M. DE BUSSIÈRES

C'est comme moi, le bonheur ne me semble plus possible; je n'y crois plus, même quand il existe ; et tout à l'heure, pendant que nous formions ces projets si séduisants, je ne sais quelb voix intérieure me disait que l'instant d'après devait les détruire.

JI'""^ DE BLAXGY.

Vous croyez donc comme moi à la fatalité, aux pressentiments ?

M. DE BUSSIÈRES

J'ai tant de raisons d'y ajouter foi ! Tenez, madame, la veille du jour où elle est tombée malade...

M""" DE BLAXGY, distraite.

Qui donc ?

Hortense...

Pardon !

M. DE BUSSIERES.

M"* DE BLANGY

J'étais près crdle dans un bal cliarmant; elle venait de danser avec un autre, et, à ce sujet-l;\ même, nous avions eu une querelle...

M'"^ DE BLAXGY, d'un nir satisfait.

Ah! vous vous disputiez donc quelquefois?

M. DE BUSSIÈRES

Nous nous aimions tant ! Et puis, elle avait un peu de coquetterie, bien innocente sans doute ; car elle était si bonne ! Et me voyant sombre et rêveur, poursuivi de je ne sais quelle vague inquiétude... elle me disait, en me prenant la main : Edouard! Edouard!...

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