‹ Œuvres complètes de F. BaucherChapitre 138 sur 183 · I.E DIEU · texte numérisé non relu

I.E DIEU

Que concluez-vous de cette dissertation, messire cavalier? Rappelez-vous que c’est savoir quelque chose que d’avouer qu’on ne sait rien. Nous sommes ici pour nous donner réciproquement des conseils, et pour cela il faut rendre justice à qui de droit; revenir sur une fausse impression et se rendre à l’évidence est le fait d’un galant homme. Que dois-je augurer de vous ?

LE CAVALIER

Votre divinité trouverait fort mal, je pense, que, sans être convaincu , j’adhérasse aux raisonnements d’autrui. J’ai vu tant de savants appuyer des doctrines différentes les unes des autres, sur de si beaux raisonnements, et par une logique si subtile, qu’ils me paraissaient tous avoir raison. Le cas dont il s’agit n’est pas le même, il est vrai ; mais, je dois vous l’avouer, votre quadrupède a un terrible adversaire à combattre, l’amour-propre ! J’ai voulu jusqu’à présent mettre tous les torts du côté du cheval, maintenant je me contente de croire qu’il n’y avait pas de ma faute ; vous voyez que vous avez en partie gain de cause. Prenez patience, et laissez-moi continuer mes interpellations ; il me semble avoir de quoi me justifier et faire bientôt pencher la balance de mon côté.

LE DIEU

Je le souhaite, puisque vous y tenez si essentiellement : mais j'en doute, car le cheval me paraît bien ferré.

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