‹ Œuvres complètes de F. BaucherChapitre 5 sur 183 · ÉQUITATION BAUCHER · texte numérisé non relu

ÉQUITATION BAUCHER

RAPPORT DU CHEF D’ESCADRONS GRES1CR, CHARGÉ DU CO MM AN DEMENT DES OFFICIERS

détaches a paris, par décision ministérielle du 20 mai 1842, pour Etudier LA MÉTHODE D’ÉQUITATION DE M. BAUCHER,

Versailles, le 28 juillet 1842.

« Les officiers détachés à Paris, par décision ministérielle en date du 20 mai 1842, pour étudier la méthode d'équitalion de M. Bouclier, étaient au nombre de vingt -deux, le capitaine instructeur et un lieutenant par régiment. lisent travaillé tous les jours, depuis le 4" juin jusqu'au 15 juillet, en dt ux reprises, l’une de dix heures et demie 8 midi, l’autre de irois heures et demie à cinq heures. Il y a eu trente-neuf jours de travail.

• M. Baucher donnait toujours la leçon lui-mémc, et en ma présence. Il a établi dans le travail une progression à l’a:de de laquelle il a démontré sa méthode d’équiiation, en expliquant successivement, d’une manière claire et précise, les principes sur lesquels t lie est basée.

» Les explications orales étaient presque toujours données 5 chacun eu particulier, et l’application sur le cheval immédiatement exigée. 81. Bauclier ne quittait l’officier auquel il s’adressait qu’aprés s’élrc assuré par des questions que son explication était comprise. Il sollicitait les observations de chacun, et donnait a chaque principe qu’il avait émis tous les développements qui lui é aient demandés.

» Cette manière de donner la leçon parut étrange dans le commencement ; elle était nouvelle pour nous, qui jusqu’alors avions reçu et donné des leçons d'équitalion dars les manèges par des explications faites 8 voix haute, et dont chaque écolier devait profiter suivant son intelligence. Ainsi non-seulement les principes d’équitation étaient nouveaux, mais la manière de procéder était nouvelle aussi.

» Les officiers appelés à Paris pour étudier la méthode d'équitatiou do

M. Baucher n’étaient pas tous arrivés avec la croyance qu’on pût leur apprendre quelque chose. La moitié de ces officiers sont capitaines instructeurs, les autres sont des lieutenants appelés à le devenir. Aussi dans le commencement il y avait peu de confiance, de la part des officiers, dans leur nouveau professeur, quelquefois de l'opposition, mais toujours de la bonne volonté et du zèle.

» l’eu à peu la confiance est venue, l'opposition a disparu, mais ce n’est qu’au bout du premier mois, après vingt-cinq leçons environ, que tous les officiers, sans exception , avaient compris la méthode et reconnu la supériorité des principes de M. Bauchcr sur ceux qui étaient connus de nous.

» Avant de partir, chaque officier m'a remis un rapport sur le travail pendant notre séjour à Paris, sur son opinion particulière, relativement à la méthode, sur l'application qu’on peut en faire dans la cavalerie. Tous reconnaissent avoir tiré un grand parti du travail pour le dressage de leurs chevaux et pour leur instruction propre en équitation. Tous approuvent la nouvelle méthode et désirent son application dans les régiments.

> En exprimant aujourd'hui mon opinion sur la méthode d’équitation de M. Bauchcr, je puis donc m’appuyer de celle de vingt-deux officiers de cavalerie qui , par leur position d'instructeurs , peuvent être considérés comme juges compétents.

» La méthode d'équitation de M. Baucher est positive et rationnelle, elle est facile à comprendre, surtout quaud on l’étudie sous la direction de quelqu’un qui la connaît. Elle est attrayante pour le cavalier, donne le goût du cheval et de l'équitation ; elle tend à développer les qualités du cheval, surtout celle de la légèreté, qu'on aime tant à trouver chez le cheval de selle. Mise en pratique dans les régiments de cavalerie, elle doit produire les meilleurs résultats, et faire faire à cette arme un immense progrès. Appliquée au dressage des jeunes chevaux, elle développe l'instinct du cheval, lui fait trouver aisance et agrément dans la domination du cavalier; elle le préserve de la ruine prématurée qu’entraîne souvent un dressage mal entendu ; elle peut abréger le temps qu'on donne à l'éducation des chevaux ; elle intéresse les cavaliers qui y sont employés. Ceux-ci, dès lors, appoitent dans ce travail un goût et un soin qui leur profitent comme instruction et préservent le cheval de tout mauvais traitement. Appliquée à l’instruction des officiers, des sous-officiers et du peloton modèle, elle donnera le goût de l’équitation, qui, on ne cesse de le répéter, se perd tous les jours dans la cavalerie. Connue des instructeurs, elle fera disparaître ce qu’il y a de monotone et d’aride dans cette partie du service.

» J’évite, dans ce rapport, d’entrer dans aucun détail sur les principes

d’éqoitation de M. Baucher, qui sont parfaitement expliqués dans les ouvrages qu’il a écrits. Toute dissertation serait superflue ; je crois peu à l’équitation écrite, c’est un art qu’on n'apprend que par la pratique et sous la direction d’un bon maître. Aussi je pense que c’est moins dans les écrits de M. Baucher qu'à son manège qu’il faudrait aller puiser ses principes. A leur arrivée à Paris, les officiers qui croyaient connaître la méthode de M. Baucher par ses ouvrages la jugeaient de manières différentes; après l'avoir entendu professer pendant un mois, ils la comprenaient de la même manière, et en reconnaissaient la bonté et la justesse. M. Baucher est certainement un praticien habile, mais il est surtout nn professeur clair, précis et persuasif.

> Je crois que, pour répandre la nouvelle méthode d'équitation dans ta cavalerie, pour qu’elle y fût comprise et qu’elle y portât le résultat qu’on peut en attendre, il faudrait que chaque régiment pût envoyer successivement des officiers au manège de M. Baucher, comme il a été fait pour ceux que j'ai eu l'honneur de commander.

» Je crois qu'il faudrait porter à deux mois, au moins, le temps consacré aux leçons, et que les officiers en reçussent une chaque jour, qu'un manège fût mis entièrement à leur disposition, afin qu’ils pussent, à différentes heures de la journée, appliquer ce qui leur est enseigné à la leçon donnée par le professeur.

• C'est surtout à l’école de cavalerie que la méthode de M. Baucher devrait être connue.

» Le chef d'escadrons du 9* cuirassiers,

» Chargé du commandement des officiers détachés à Paris pour étudier la méthode d’équitation de M. Baucher,

> A. Grenier. >

RAPPORT DEMANDÉ. PAR LE COLONEL , PRÉSIDENT DE LA COMMISSION POUR ÉTUDIER LE DRESSAGE. DES JEUNES CHEVAUX d’aPRÉS LA MÉTHODE DF. M. BAtCHER, ET RÉDIGÉ PAH M. DESONDES, LIEUTENANT AU DF. CUIRASSIERS (1).

Répondre aux guettions suivantes : 1* l'âge et le signalement du cheval ; 2° s'il était complètement dressé ou si son instruction était incomplète ; 3° les résultats obtenus sur la soumission du cheval ; 4* les avantages obtenus par le cavalier sous le rapport de l’équitation; 5* l'opinion de l’officier sur l'application de la méthode au dressage des jeunes chevaux dans les régiments; 6’ (ouïes les observations qu’il croil devoir faire dans l'intèrll général.

1* Age et signalement du cheval. — L'Escobar, sept ans, 1 mètre 376”", bai marron, miroité, en tête, bordé, CQ.

2* S'il était complètement dressé ou si ion instruction était incomplète.

3* Les résultats obtenus sur la soumission du cheval.

< Crs dernières questions se touchent, et l'historique des progrès d'on cheval aussi mal doué que le mien pour le service de la selle me semble un argument puissant en faveur de la méthode qui a pu opérer un tel changement. Ce n'est pas à dire que mon cheval soit déjà parvenu à un degré complet d'instruction ; mais ie point de départ et le point d'arrivée, telle est la question, je pense.

1° Degré d’instruction du cheval avant la méthode.

» Or, quel est le point de départ ? Un carrossier d'une charpente extrêmement forte, et très-vigoureusement musclé ; mais l'encoinre massive, surchargée même, la tète très-forte et lourdement attachée, puissance très-grande dans le devant, le train de derrière muins fortement consumé ; des jarrets défectueux, prédominance des parties antérieures sur les parties postérieures. Aussi, avant d’êlre soumis à la méthode, mon cheval, s'appuyant sur le mors, m’opposait par scs contractions d’encolure des ré-

(t) Aujourd’hui chef d’escadrons aux guides.

sistances qui paralysaient complètement tous les moyens que l'ancienne équitation pouvait me suggérer pour m’en rendre maître. Ce cheval m'ayant appartenu pendant les dix derniers mois d'un cours que je viens de suivre à Saumur, je dus y recevoir tous les conseils de mes professeurs plus experts que moi en matière d'équitation.

» Mais je dois l'avouer, ni mors dur ni mors doux, ni douceur ni violence, rien ne pouvait y faire ; il m'arrivait chaque jour, travaillant dans le rang il l'école de peloton ou d’escadron, de passer du deuxième rang au premier, victime de l’extrême légèreté de ma main. Tout rendre, avoir constamment les rênes flottâmes ; tel'e était la plus expresse recommandation qui m’avait été faite pour empêcher mon cheval d'aller trop vite. Le mal était donc incurable, car la légèreté de la main est un de ces remèdes que prescrit l’ancienne équitation, comme souverain pour toutes les maladies équestres ; et le remède avait échoué.

2° Degré d'instruction du cheval ayant été soumis à la méthode.

s Je n'essayerai pas de le dissimuler, lorsque M. Baucher commença h m'instruire dans sa méthode, peu de temps avant notre réunion il Paris, je me faisais un malin plaisir de lui amener un sujet que je croyais destiné à donner un démenti à la méthode. L’expérieqce m'a offert une leçon aussi profitable pour moi qu'elle l'a été pour mon cheval. Le lourd carrossier est devenu, par sa légèreté, un cheval de sello ; il est plus que ramené, il est au rassembler presque complet. Déjà même j’obtiens sur lui les premiers commencements du piaffer. Si quelques contractions se manifestent encore au galop, elles sont toutes produites par ma faute, et ces fautes, inhérentes aux anciens principes d'équitation dont j'étais imbu, m'amènent naturellement h parler des progrès que j'ai pu faire moi-même en équitation avec les leçons de mon nouveau professeur.

3° Les avantages obtenue par le cavalier tout le rapport de l'équitation.

• J’ai perdu ce respect réglementaire mais exagéré que j’avais pour la sensibilité des flancs de mon cheval. Mes jambes, au lieu de tomber naturellement de leur propre poidt, se sont (n’en déplaise à l’ordonnance) assez rapprochées des flancs du cheval pour essayer de prendre leur part dans l’action que je dois imprimer aux forces de l’animal.

a L’adhérence plus grande de mes cul. ses et de mes jambes m'assure en même temps plus de solidité. Ainsi, je crois avoir gagné plus de moyens d'action et plus de moyens de tenue.

• Ces deux qualités doivent être recherchées par tout cavalier. Reste pour l’instructeur militaire une autre part plus grande, mais aussi plus difficile; ce sont les conseils, les leçons qu'il doit donner aux hommes dont l’instruction lui est confiée. Quels progrès ai-je pu faire dans cette voie ? Je dois l’avouer, les enseignements que j’avais reçus jusqu’à ce jour laissaient un tel vague daus mon esprit, que je ne donnais qu’à regret un conseil en équitation.

• Tel est le point où j’étais arrivé après deux cours faits à l’école de cavalerie, et faits, j’ose le dire, avec tout le zèle, sinon tout le succès possible. J’en appelle à tous les officiers de l’armée, qui comme moi sont enfants de cette école ; eux seuls, ce me semble, Ont droit de juger les doctrines qui s’y professent. Et qu’ils le disent avec moi (dût-on les traiter d’enfants ingrats), que leur reste-t-il des leçons qu’ils out suivies? Quel rôle peuvent-ils jouer comme instructeurs militaires en équitation? Eh bien, aujourd'hui des données positives sont entre nos mains. J'ai reçu, ainsi que chacun des officiers qui ont suivi les leçons de H. Baucher, des principes dont l'exactitude rigoureuse, mathématique, ne doit plus laisser aucun doute dans l’intelligence la moins heureuse. Je dois toujours savoir maintenant où est le mal. La position du cheval me le démontre. Je dois toujours savoir avec quelles armes il faut combattre ce mal ; ces armes sont une autre position, donnée aux forces du cheval, qui permette, qui commande le mouvement.

• Je crois donc avoir répondu, mon colonel, à la question qui nous est posée sur les progrès personnels que nous avons pu faire en équitation. Je n’hésite pas à le dire, ma solidité est plus grande, mes moyens d'action plus puissants ; mes principes, comme instructeur, mieux arrêtés , plus clairs, doivent être plus convaincants pour les cavaliers que jo serai appelé à instruire.

4* L'opinion de l'officier sur l’application de la méthode au dressage des jeunes chevaux dans les régiments.

a Ce n’est pas seulement à l’intelligence du cavalier que parlent les moyens fournis par la nouvelle méthode, mais bien encore celle du cheval lui-même ; n'cst-ce pas dire par conséquent combien le dressage des chevaux devra, sous son influence, marcher plus rapidement, plus sûrement?

» Je ne me donnerai pas la peine de relever les objections qui ont pu être présentées à ce sujet. J’ai moi-même soumis à la méthode vingt-huit jeunes chevaux dans mon régiment; et malgré tout ce que pouvait avoir

d'incomplet une instruction transmise par an officier qui n'avait que des notions encore trop élémentaires, j'ai obtenu les résultats les plus prompts et les plus satisfaisants. Mes cavaliers étaient loin d’étre choisis, ayant été recrutés pour la plupart parmi les hommes démontés du régiment. Mais leur attention toujours fixée par cet échange de concessions qu’ils essayaient d’établir entre eux et leurs chevaux ; — mais ce maniement constant d’un cheval d’abord roide et stupide, qui se pétrissait sous leurs mains, prenait réellement une autre forme, et finissait par deviner toutes les intentions de son maître ; — cet exercice continuel de l’intelligence du cavalier qui la développe sans la fatiguer; — tous ces bienfaits, en un mot, de la méthode faucher, faijpient que l'éducation équestre de l'homme marchait de front avec celle de son cheval. J’ajouterai à ce propos que je comprends difficilement qu'une des plus fréquentes objections faites à l'application militaire du système Bauchcr ait été puisée dans l'inintelligence de nos hommes.

» Le jour où les instructeurs seront plus habiles, les hommes deviendront plus intelligents. J’ai hâte de franchir cette objection , car je craindrais d’étre forcé d’avouer et de faire avouer à mes collègues en instruction que l’intelligence équestre n'était pas seulement le partage des simples cavaliers. Mon amour-propre national ne s'humilie pas au point de croire qu’un cavalier français soit destiné à ne jamais aborder les plus petites difficultés de l'équitation dont le cavalier allemand atteint, dit-on, les sommités. Mais le temps nous manque, dira-t-on 1 II me semble que c'est surtout quand on est pressé qu’on doit prendre le chemin le plus court. Ce n’est pas à dire pour cela qu’on doive précipiter l'instruction du cheval, et c'est un des écueils que je redoute surtout pour chacun de nous autres; gardons-nous bien de l’impatience de jouir trop vite,

n Limitée par le temps, notre éducation, celle de nos chevaux a dû être improvisée par notre professeur ; il a dû même franchir rapidement les échelons intermédiaires pour nous faire passer successivement en revue toutes les difficultés de son équitation . Cette tâche, je la considérais comme impossible; aujourd'hui je vois qu’elle ne l’était pas, du moins pour lui. Mais rappelons-nous cette recommandation qu’il nous a si souvent, si expressément faite : « N’oubliez pas que chaque jour doit amener un pros grès, mais qu’il n'v a que les progrès lents et positifs qui puissent assurer > l'éducation du cheval ; méfiez-vous des improvisations qui disparaissent » aussi rapidement qu’elles sont nées. »

» Je crains donc, mon colonel, que ce terme de quarante-cinq jours, fixé pour le dressage du jeune cheval, ne soit considéré par lieaucoup d’officiers, victimes d'un zèle mal entendu, que comme le plus grand avan-

tage de la méthode. Ces fautes devront être commises souvent ; mais à qui faudra-t-il s’en prendre? uniquement aux anciennes doctrines.

* Le dressage du cheval se résumait pour nous dans une série de mouvements répétés à satiété, jusqu'à ce que la routine, aidée de quelque peu d'usure, fit, à force de temps, un animal hébété et disgracienx qu’on appelait un cheval dressé , parce qu’il ne lui restait plus assez de vigueur pour se défendre.

» Tout à coup des moyens nouveaux et sûrs sont livrés entre nos mains. Quelques jours ont sufD pour nous faire obtenir de bril'ants résultats ; une première victoire nous fait tout oser, à nous si peu habitués à des victoires équestres. Oui, c’est l'impuissance de l’aérienne méthode qui nous livre sans défense contre les séductions d'un premier succès; pauvres hier, riches aujourd'hui, nous sommes des parvenus en équitation, nous croyant tout permis jusqu’à ce qu’un échec vienne nous apporter un salutaire avertissement.

» Je crois donc, mon colonel , qu’on ne saurait trop mettre chacun en garde contre le désir d’improviser, et que quelques conseils, relatifs à cette question de temps, auraient dû être ajoutés à la méthode provisoire (1 j . Des erreurs de principes s’y rencontrent , erreurs involontaires, sans doute , mais qu’il importe de ne pas consacrer par l’ordonnance. Par exemple dans le reculer il est dit : Si la croupe se déplace, on doit la ramener à l'aide de la jambe du côlé où elle se jette, employant au besoin la rine du filet ou de la bride du même côté. Ce n’est pas avec la jambe qu’on doit combattre une résistance , mais bien avecleület; notre professeur nous a assez répété ce principe.

» Le canevas qu’on nous présente me parait bon , mais je regrette qu’on n'ait pas parlé des attaques. Sans les attaques , pas de ramener complet Le cheval qui les a comprises est devenu à jamais la conquête du cavalier. Livrez-lc ensuite à un cavalier maladroit , employez-lc même à un service autre que celni de la selle ; le jour où vous voudrez , vous le retrouverez tout prêt à vous répondre quand quelques attaques auront rappelé au foyer les forces qui s'étaient égarées sous une muiu inhabile. Est-il permis de dédaigner ou de craindre une arme aussi puissante, pour nos chevaux de troupes surtout , que les brusqueries de manœuvres peuvent faire sortir de la position du ramener , et qui n’y rentreront, je le répété, qu’au moyen des attaques?

(1) Le travail fait à la Lite pour l'instruction spéciale des chevaux de troupes, et d’après le dernier ouvrage de 11. Baucber (( Méthode d'Équilation basée rur de nouveaux principes), a été modifié dans quelques parties, d’abord par la commission de Luuéviile et postérieurement par le comité de cavalerie.

J oogle

• Je pense qu'il serait utile d’avoir dans chaque régiment un peloton modèle. Je sais qu'il existe déjà réglementairement, mais je voudrais que les cavaliers qui en feraient partie , instruits aussi complètement que possible dans la méthode , pussent exécuter avec leurs chevaux toutes les difficultés que AI. flamber nous a fait aborder en si peu de temps; on pourrait ainsi juger du degré d’instruction équestre auquel peut prétendre la troupe. Ce serait un moyen de conserver , de perpétuer les excellentes doctrines que nous venons de recevoir. Chaque cavalier serait jaloux d’en faire partie quand il aurait admiré les succès de ses camarades.

» Ainsi, abréger singulièrement la route, obtenir des résultats qui étaient interdits aux anciennes écoles , ce serait déjà assez de titres pour recommander la nouvelle méthode. Elle en a d'autres encore; on peut, au moyen de deux mots , résumer le parallèle qu'on serait tenté d'établir entre l'ancienne et la nouvelle équitation : dans les écoles françaises ou allemandes le cheval est assis , dans l'école flancher il est équilibré.

» Dans les premières écoles, son éducation, péniblement acquise , a dû ruiner scs jarrets et scs hanches, et paralyser le jeu de ses épaules , condamnées ii l’inaction. Il a payé cher une éducation incomplète. Chaque jour encore ces parties , que l’éducation a déjà altérées , doivent achever de s’user par cette répartition inégale; témoins les jarrets si accidentés de nos chevaux de manège, témoin l'usure de leurs boulets, tandis qu’au contraire les épaules, restées vierges, s’engourdissent de jour en jour; chaque pas fait par un cheval dans une position semblable est un acheminement vers une ruine prématurée.

• Dans l’école de M. Gaucher, au contraire , non-seulement on n’allère pas la conformation organique , mais , pour surcroît d’avantages , en exerçant des parties faibles , on donne plus de souplesse et plus de ton à certains muscles, on répartit différemment les forces, de manière .A alléger des parties peu puissantes, et à forcer d’autres plus fortes â partager avec les premières le rôle qu’elles leur imposaient Dranniqueiucnl. Ce ne serait donc pas assez que de dire que le cheval dres-é par la méthode nouvelle u'a pas été altéré dans son organisme.

» On a mieux fait, on lui a donné une position et des aplombs que la nature lni avait refnsés. Oui, j’ose l’avancer, l’art s’est mis à la place de la nature; et ce n’est pas blasphémer que de dire que la nature a été vaincue dans cette lutte.

» Grâce aux bienfaits de la méthode flaucher, l'équitation deviendra désormais dans la cavalerie un plaisir plein de charmes, au lien d’étre considérée comme une ennuyeuse corvée. L<s chevaux seront soignés par les cavaliers en raison des services agréables qu'ils leur rendront , la pro-

portion effrayante des pertes diminuera ; enfin , tranchons le mot, la plus heureuse des innovations doit amener une bienfaisante révolution dans la cavalerie.

» Cependant , qu’il me soit permis de le dire ici : des études plus prolongées que celles que nous venons de faire pendant six semaines, peuvent seules donner des apôtres intelligents de la méthode fiauchcr.

• C’est avec un sentiment amer que j'ai vu cette limite de temps; d'autres plus heureux que nous viendront sans doute. Pendant longtemps encore la cavalerie est intéressée à réunir sous les leçons de notre professeur un certain nombre d'officiers. Mais alors un local plus vaste , des éléments plus complets qui permettent d’appliquer sur plusieurs chevaux au lieu d'un seul , feront que la tâche , entièrement accomplie , répandra dans la cavalerie des résultats inappréciables. Les esprits les plus rebelles, convaincus, comme nous le sommes aujourd'hui, diront avec nous :

* A Baucher la cavalerie reconnaissante !

» IB juillet 1842.

» A. Desondes , n Lieutenant au 9* cuirassiers. »

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