‹ OEuvres complètes de F. de la Mennais (volume 2)Chapitre 35 sur 42 · Tome · texte numérisé non relu

Tome

veau dans celle ihéocralïe^ pour y trouver secours et sal t (1).

Et comment ne voit-on pas en effet que le genre humain, fatigué du despotisme et de l'anarchie, cherche avec anxiété la solution d'un problème qui , tôt ou tard, doit être résolu , puisqu il n'est autre que celui de l'existence sociale ? L'ordre et la liberté , voilà ce qu'il veut, parce qu'il n'y a de vie que là; comme il n'y a non plus de liberté et d'ordre , pour les peuples chrétiens , que par l'Église. J'ai dit plusieurs fois, et je répète ici que le temps n'est pas encore venu où les hommes , détrompés de leurs fausses théories , pourront comprendre cette haute vérité , au fond de laquelle reposent la paix et le salut du monde. Et c'est pourquoi il faut la rappeler, l'expliquer, la développer, afin que, comparée sans cesse aux erreurs qu'on y oppose , elle germe peu à peu dans les esprits. Les vains et dangereux systèmes qu'on y a substitués, s'évanouissent rapidement, et bientôt il n'en restera plus de traces. Jetez les yeux autour de vous, et voyez. Monseigneur, qui défend aujourd'hui le gallicanisme : des ennemis de l'Eglise, qui conspirent publiquement sa ruine et celle de la rehgion chrétienne ; des sectaires retranchés de la communion catholique ; de cauteleux adulateurs du pouvoir , qui le poussent à sa perte, pour attirer sur eux , en le flattant , ses regards et ses faveurs; un

(1) Es ist denkbar dassund wie die menschheit sich noch einmal in dièse Théocratie hieneinwerfen koennte, weil sich selbst Rettung un Hulfe darin zu finden waehnt. Plank.

A MONSEIGNEUR l'aUGHEVÊQBE DE PARIS. 371

petit nombre de vieillards respectables sans doute , mais qui ne vivent que de quelques souvenirs d'école : tout le reste , qu'est-ce que c'est ? et y a-t-il des paroles pour peindre cette ignorance et cette bassesse , ce dégoûtant mélange de bêtise et de morgue, de niaiserie stupide et de sotte confiance, de petites passions, de petites ambitions, de petites intrigues, et d'impuissance absolue d'esprit? Monseigneur, votre place n'est pas là : ne descendez point dans cette boue ; croyez-moi , elle vous tacheroit. Prenez , il en est temps encore , des pensées plus élevées ; regardez l'avenir, et méritez, cela vous est facile, sa reconnoissance et ses hommages. C'est le vœu que je forme de tout mon cœur en terminant cette lettre, où vous reconnoîtrez , je l'espère, les sentimens de respect avec lesquels j'ai l'honneur d'être ,

Monseigneur,

Votre très humble

et obéissant serviteur ,

F. DE La Mennais.

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