ÉPILOGUE
là est à nous ! Et à leurs pieds étoient d'autres hommes dcans une posture courbée, et des femmes à demi nues; et tous, l'œil fixé sur les hommes à diadème, sembloient épier un geste, un regard, et, mettant un genou en terre , ils disoient : Tout ce qui dort là est à vous !
Et l'on dressa des tables somptueuses chargées des mets les plus délicieux, des vins les plus exquis, et les hommes à diadème , et les hommes courbés, et les femmes à demi nues, s'assirent autour de ces tables, et le parfum des fleurs, et une mélodie suave enivroient leurs sens, et ils flottoient mollement dans un nuage de volupté. De fois à autre , on entendoit du dehors comme le son aigre de fers qui se choquent , et ils rioient ; comme le sifflement du fouet qui pince la peau et enlève un lambeau de chair sanglante , et ils rioient ; comme les sourds gémissemens qui sortent d'un cachot , et ils rioient ; comme les sanglots de l'angoisse , comme le hoquet de la faim , comme le raie d'un homme qu'on étouffe, et ils rioient !
Puis les hommes à diadème s'étant retirés dans un autre lieu, leurs visages s'obscurcirent, et ils commencèrent à se parler en secret. La défiance, la colère, la haine étoient dans leurs yeux , et leurs lèvres sourioient, et ils s'embrassèrent. Alors il se fit un mouvement parmi les gens armés qui gardoient les parcs, et la multitude qui gisoit là jeta un cri affreux, et la flamme de l'incendie rougit l'horizon, et des ruisseaux de sang sillonnèrent la plaine; et les femmes, tenant sur leur sein leurs petits enfans, fuyoient échevelées, et