ÉPILOGUE
doient dans Tobscurité ; une horreur silencieuse m'environnoit et le frisson couroit dans mes veines. Au fond du sanctuaire , sur un autel éclairé d'une lampe mourante, j'aperçus comme une grande ombre, je ne sais quoi d'inexprimable, une forme divine qui sembloit plier sous des chaînes.
Et je regardois cela , et ma chair trembloit, et mon front se mouilloit d'une sueur froide, lorsqu'une voix : Fils d'Adam, que vois-tu? et comme je nerépondois point : Tu vois, dit-elle, le Christ, rédempteur du monde !
Alors je tombai la face contre terre ; ma vie du temps fut comme suspendue , et ce qui se passa en moi n'a point de nom dans les langues humaines.
Revenu à moi-même, je me retrouvai au miheu de la foule , et c'étoit un mélange inoui de pleurs et de joies insensées, de prières et de blasphèmes, des danses dans un tombeau, une orgie dans un lieu saint.
Tout-à-coup une sorte de tonnerre lointain, une rumeur sourde, confuse, horrible, ébranla les airs : d'instant en instant elle croissoit : les peuples effrayés demandèrent : Qu'est-ce que ce bruit ? Et il leur fut dit : C'est le vent du Seigneur qui passe ! Et les forêts s'inclinoient comme l'herbe , et les colonnes des temples fracassés se heurtoient comme les genoux d'un homme pris de vin ; et les combles des palais, emportés tels que des brins de paille, disparoissoient dans la poussière, et les murs crouloient, et les trônes craquoient comme un morceau de bois sec sur le genou d'un enfant. Repoussés par la tempête, les fleuves