‹ OEuvres complètes de F. de la Mennais (volume 4)Chapitre 10 sur 89 · PRÉFACE. XVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XVII

îïiir après avoir versé le sang innocent , étoit athée (1).

Des sentimens que produisent les deux doctrines opposées résultent deux genres de sacrifice : le sacrifice de soi aux autres, ou le sacrifice d'amour; le sacrifice des autres à soi, ou le sacrifice de haine. Mais la haine a divers degrés ; moins terrible là où subsiste la notion de la Divinité, elle est contenue dans certaines bornes, parce qu'on reconnoît certains devoirs. Ainsi, dans les religions païennes, on sacrifioit l'homme individuel à la société ; dans la religion philosophique, on sacrifie la société entière à l'individu.

Le sacrifice volontaire de chaque homme à tous les hommes, qui constitue l'ordre parfait, ne se trouve que dans la religion chrétienne ;

(i) Dieu n'est qu'un mot ; il n'est jamais venu sur la terre. Cette parole est bien propre , sous plus d'un rapport , à faire naître de profondes réflexions. DansTespril de ce misérable , l'existence de Dieu se lioitàsa venue sur la terre. Il n'é toit pas venu , selon lui ; donc il n'existoit pas. Tant il est vrai qu'il faut aux peuples un Dieu réellement présent, un Dieu qui se soit manifesté d'un manière sensible , qui ait vécu parmi les hommes et conversé avec eux. Il n' y a point de déisme pour les nations.

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