TOME 2. h
XYIII PRÉFACE.
et ce sacrifice est celui de tout l'homme : sacrifice de ses opinions ou de ses pensées particulières, sacrifice de ses penchans ou de ses intérêts particuliers, sacrifice de sa vie même, quand le bien général l'exige. Voilà l'unique fondement d'une société durable, et la société , en Europe , ne renaîtra que par la religion. Aussi le mouvement qui entraîne vers elle est-il bien sensible en tous ceux que des principes de vertu et de nobles sentimens attachent encore à l'ordre social. Ce mouvemenl croîtra de telle sorte, que partout il se formera comme deux peuples dans le même peuple , l'un s'enfonçant de plus en plus dans le mal, l'autre s' élevant dans le bien de plus en plus : et si les gouvernemens persistent à chercher le salut dans les concessions faites à ce qu'on appelle les lumières du siècle^ c'est-à-dire aux opinions et aux passions individuelles; s'ils refusent de s'allier sincèrement à la religion , de la fondre dans toutes les institutions de l'État, le monde politique tombera dans une effroyable confusion, et il n'existera plus d'autre société que l'Église, parce qu'il n'existera plus d'au-