‹ OEuvres complètes de F. de la Mennais (volume 4)Chapitre 2 sur 89 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

leur effroi , ils se font des croyances terribles : et déjà n'avons-nous pas une religion secrète qui se révèle par le meurtre?

L'athéisme aussi a la sienne , froide comme l'orgueil; ce qui n'exclut pas le fanatisme. On adore sous le nom de science la raison humaine ; la science , pour certains esprits , est le Dieu de l'univers: on n'a foi qu'en ce Dieu, on n'espère qu'en lui; sa sagesse et sa puissance doivent renouveler la terre, et, par de rapides progrès, élever l'homme à un degré de bonheur et de perfection dont il ne sauroit se faire une idée. Cette religion se développe; elle a ses dogmes, ses mystères, ses prophéties même et ses miracles; elle a son culte , ses prêtres, ses missions; et ses sectateurs se flattent de la substituer à toutes les autres.

En considérant la société sous un point de vue plus général , il est impossible de n'y pas remarquer un principe de division qui en pénètre toutes les parties , et par conséquent une cause très active de dissolution. Deux doctrines sont en présence dans le monde : l'une tend à unir les hommes, et l'autre à les séparer ; l'une

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