‹ OEuvres complètes de F. de la Mennais (volume 4)Chapitre 22 sur 89 · XXXII PREFACE · texte numérisé non relu

XXXII PREFACE

Il résulte de ces dernières paroles que le ministre n'a, ni ne peut avoir aucune certitude de sa foi. Il espère se sauver cependant ; il croit donc que l'on peut se sauver au sein de l'erreur. Bien plus, il ne sauroit assurer de personne qu'il est dans l'erreur : car il faudroit pour cela qu'il fût certain de posséder lui-même la vérité. Dès lors, quelle que soit sa croyance personnelle, il n'a pas le droit de la juger plus vraie ou meilleure que celle d'autrui. Or des croyances dont on ne peut dire avec sûreté que l'une soit meilleure que l'autre , sont des croyances indifférentes ; et la tolérance du ministre qui ne s'ingère pas de damner ceux qui ne pensent point €omme lui (1), est précisément ce qu'on appelle, dans le langage reçu de tous les hommes, Yindijjérence des religions.

Nous avons montré que le principe fonda-

(1) Il sembleroit, d'après cette phrase , que les catholiques sont tout occupés de damner leurs frères errans. Les catholiques ne damnent personne ; ils abandonnent le jugement à Dieu , à qui seul il appartient. Seulement ils disent : Il existe une loi , et cette loi porte peine de mort contre ceux qui la violent volontairement. Les prolestans n'en disent-ils pas autant à l'égard de la morale ?

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