‹ OEuvres complètes de F. de la Mennais (volume 4)Chapitre 23 sur 89 · PRÉFACE. XXXIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXXIII

inental du protestantisme conduisoit à cette indifférence; et la réunion récente des calvinistes et des luthériens n'en est - elle pas une preuve aussi frappante que publique? Les calvinistes nient la présence réelle que croient les luthériens. S'unir extérieurement en conservant chacun son opinion, n'est-ce pas évidemment déclarer qu'on peut nier ou croire la présence réelle sans s'exclure de la vraie Église, ou que ce dogme est indifférent au salut? Qui ne condamne pas les sociniens , en dit autant de la Trinité , de la rédemption , des peines éternelles'? Or qui oseroit aujourd'hui , parmi les réformés j condamner les sociniens, lorsque Genève tout entière défend même de les attaquer (1)? Mais aussi qu'y a-t-il alors qui ne

(1) Non seulement on défend d'attaquer le socinianisme dans la Tille de Calvin , mais on l'y professe ouvertement. C'est la commune doctrine des ministres , la doctrine enseignée dans les écoles de théologie , et qui passe de là dans toutes les parties de l'Europe protestante. Les preuves ne nous manqueroient pas , s'il «toit besoin de prouver un fait aussi public. Mais , loin de le nier, les ministres de Genève en font gloire ; ils se félicitent hautement de n'être plus chrétiens. L'un d'eux, après avoir parlé des divers litres de Jésus-Christ , et en particulier du titre de Fils de Dieu, s'exprime ainsi : « N'allons pas plus lojn dans un su-

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